Alors que le dernier rapport de l'Insee pour 2025 prévoit une chute drastique de la natalité, le lancement d’Optimum, un nouveau service pour les professionnels par la SNCF, relance le débat autour de la tendance « No Kids ».
Mis en place le 8 janvier 2026, ce service remplace la classe Business Première sur les trajets entre Paris et Lyon. Selon le site officiel de la SNCF, Optimum et Optimum+ promettent un « confort exclusif dans un espace entièrement dédié […] pour un voyage calme, idéal pour travailler ou se reposer ». Toutefois, la SNCF ajoute que « n’ont pas accès à Optimum et Optimum+ : les enfants », excluant ainsi toute possibilité de forfait pour les plus jeunes, tandis que les animaux de compagnie sont acceptés moyennant 10 euros.
Discrimination et injonctions contradictoires
Cette décision a provoqué une onde de choc parmi les défenseurs des droits des familles. Stéphan d’Esclaibes, animatrice du podcast Les Adultes de demain, s’est exprimée dans les colonnes de Le Figaro, affirmant : « Exclure les enfants d’un service public, c’est discriminatoire. » Cela survient alors que l'Insee rapporte pour la première fois depuis 1944 plus de décès que de naissances, rendant l’initiative de la SNCF d'autant plus controversée.
Sarah El Haïry, haut-commissaire à l’Enfance, a également souligné sur BFMTV : « On ne peut pas dénoncer la baisse de la natalité tout en envoyant des signaux qui en découragent la famille. » Cette position est partagée par Marion Maréchal, qui a dénoncé sur X, une politique anti-famille « lamentable », en appelant la ministre de la Santé à agir contre cette tendance.
La généralisation du courant « No Kids »
Plus largement, cette mesure traduit une mentalité « No Kids » qui semble se répandre dans la société. Aziliz Le Corre, auteur du livre L’enfant est l’avenir de l’homme, déclare que « les enfants sont aujourd’hui la seule catégorie de population que l’on se permet de discriminer sans scrupules ». En effet, elle fait remarquer que cette initiative intervient alors que des députés s’inquiètent de la baisse de la natalité et cherchent des solutions.
« Pourquoi ne pas proposer quelque chose de positif, au lieu de dire qu’on ne veut pas des enfants ? »
Elle propose même d’aménager des espaces pour les enfants dans les trains, à l’instar de pratiques observées en Suisse ou dans les pays scandinaves. Cela donnerait une vision plus positive du rôle des enfants dans la société.
La SNCF se justifie face à la polémique
Face à la montée des critiques, la SNCF explique que ce service répond à une demande spécifique de certains usagers. Dans une vidéo officielle, Gaëlle Babault, directrice de l’Offre TGV InOui, affirme : « Non, SNCF Voyageurs n’exclut pas les enfants de ses trains. » Malgré tout, une rencontre avec le PDG du groupe ferroviaire, Jean Castex, est prévue, témoignant de la gravité des retours face à cette polémique.







