L'ancien procureur spécial Jack Smith a brillamment défendu ses actions jeudi devant le Congrès, maintenant un calme inébranlable tout en réaffirmant sa conviction que Donald Trump a tenté de manière illégale d'annuler les résultats de l'élection de 2020.
Après l'élection de novembre 2024, Smith a dû suspendre les deux procédures pénales en cours contre Trump, comprenant des accusations liées à des tentatives d'inversion des résultats électoraux ainsi qu'à la rétention de documents classifiés.
Sa comparution devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, majoritairement républicaine, a constitué un moment crucial où il a pu exposer publiquement ses arguments face à l'opinion publique américaine, longtemps critiqué par Trump.
« Au lieu d'accepter sa défaite, Donald Trump s'est engagé dans un plan illégal pour inverser les résultats et obstruer le transfert du pouvoir légal à Joe Biden », a-t-il déclaré.
« Je ne me laisserai pas intimider », a-t-il ajouté, face aux attaques et menaces répétées dont il est la cible depuis son inculpation en août 2023.
Refusant de masquer les évènements, Smith a insisté sur l'importance de reconnaître les actions de Trump lors de l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, pour lequel il a été qualifié de principal responsable en raison des provocations qui ont suivi ses allégations de fraude électorale.
Ce jour-là, des partisans de Trump, incités par des accusations infondées, ont envahi le Capitole, un acte qui a choqué la nation.
- Une situation sans précédent -
Alors que Smith se témoignait, Trump a de nouveau riposté sur sa plateforme Truth Social, qualifiant Smith de « bête enragée » et souhaitant qu'il soit sous enquête. Il a exprimé son souhait de voir des conséquences contre lui.
« Mes décisions ont été prises sans tenir compte des convictions politiques de Trump », a insisté Smith, affirmant que les preuves justifiaient les accusations de violations délibérées des lois par l'ancien président.
Une déclaration similaire avait été faite lors d'une autre audition devant la même commission en décembre, mais à huis clos, sous la demande des républicains.
Jim Jordan, président républicain de la commission, a accusé Smith de vouloir empêcher la candidature de Trump pour 2024, en dénonçant une politisation de la justice. Pour Trump et ses alliés, l'ex-procureur est devenu un symbole de la justice instrumentalisée par l'administration Biden.
Smith a expliqué l'abandon des poursuites félonement en se basant sur une politique remontant au Watergate en 1973, stipulant qu'il était inapproprié de poursuivre un président en exercice dans ce contexte sans précédent.
En janvier 2025, Smith avait déjà exprimé dans son rapport final que sans l'élection de Trump, il aurait réussi à le faire condamner. Le procès de Trump demeure un sujet chaud et controversé, reçu avec une grande attention par les médias et l'opinion publique.







