Donald Trump a lancé une action en justice jeudi à Miami contre la banque américaine JPMorgan Chase et son dirigeant, Jamie Dimon, réclamant 5 milliards de dollars pour avoir fermé ses comptes pour des motifs "politiques", comme révélé dans le document judiciaire consulté par l'AFP.
Selon les allégations de Trump, cette fermeture a eu lieu sans préavis en avril 2021, soit seulement trois mois après les événements du 6 janvier au Capitole. Il affirme que la banque cherchait à se distancier de lui en raison de ses opinions politiques conservatrices.
Il a été un client de JPMorgan Chase pendant des dizaines d'années, réalisant par son intermédiaire des transactions évaluées à plusieurs centaines de millions de dollars.
Trump déplore qu'aucun recours ou alternative ne lui ait été offert en conséquence de cette fermeture, entraînant non seulement des pertes financières significatives, mais également des dommages à sa réputation.
En réaction, la banque a exprimé son regret quant à cette attaque de l'ancien président, tout en soutenant que la plainte n'a pas de fondement. JPMorgan Chase a affirmé respecter le droit de Trump à se défendre en justice dans une déclaration envoyée à l'AFP.
Cette déclaration intervient alors que récemment, Jamie Dimon a critiqué ce qu'il considère comme des efforts du gouvernement américain pour affaiblir l'indépendance de la Réserve fédérale. Le ministère de la Justice enquête actuellement sur des allégations touchant le président de la Fed, Jerome Powell, qui découleraient d'auditions concernant des rénovations des bureaux de la banque centrale, des auditions que Powell a qualifiées de "prétexte" pour le discréditer.
Par ailleurs, Trump a proposé à Dimon la présidence de la Fed, une affirmation que ce dernier a démentie dans un post sur Truth Social. Trump a aussi prévenu qu'il engagerait une autre action judiciaire contre JPMorgan Chase, qu'il accuse de fermer ses comptes de manière "incorrecte" et "inadéquate", un événement qu'il lie directement aux révoltes du 6 janvier.
Selon Trump, la décision de la banque découle de croyances "woke", lui attribuant la responsabilité de se distancier des opinions conservatrices. JPMorgan a rétorqué que les fermetures de comptes sont dues à des considérations de risques juridiques ou réglementaires, et non à des motivations politiques ou religieuses.
Cette polémique n’est pas nouvelle. De nombreux élus et personnalités de droite affirment que certaines banques américaines choisissent d'évincer des clients ayant des opinions conservatrices, sans preuve concrète pour étayer ces accusations.
En termes de marché, les investisseurs semblent indifférents à cette annonce, puisque l’action de JPMorgan Chase a affiché une hausse de 0,78 % lors de la séance précédente à la Bourse de New York.
JPMorgan Chase demeure la cinquième banque mondiale par la taille de ses actifs et la première par sa capitalisation boursière, valorisée à environ 830 milliards de dollars.
Tout au long de sa carrière, Trump a souvent eu recours à la justice pour des questions de diffamation ou préjudice. Bien que ces actions aient rarement abouti, plusieurs sociétés ont récemment conclu des accords amiables pour éteindre des litiges avec lui, parmi lesquelles Paramount, ABC, YouTube et Meta, ayant versé plusieurs millions pour éviter d'aller devant les tribunaux.







