Abandonner ou pas ? C’est la question qui divise de nombreux musulmans à La Rochelle concernant la création d'une nouvelle mosquée dans le quartier de Villeneuve-les-Salines. La situation a récemment pris un tournant avec des messages échangés sur les réseaux sociaux, révélant un profond désaccord entre les deux associations championnant le projet : l'Association cultuelle islamique de la Charente-Maritime (ACICM) et l'Association culturelle des musulmans de l'agglomération rochelaise (Acmar).
Le 23 janvier, l’Acmar a annoncé à ses membres que sa demande de gestion du projet avait été refusée par l’ACICM lors d’une réunion tenue le 5 décembre. Ce refus est attribué à des « divergences significatives » concernant les modalités de mise en œuvre, le calendrier et la gouvernance du projet. L’Acmar a également indiqué qu’elle envisageait de poursuivre l’initiative avec une autre structure cultuelle qui est actuellement en cours de constitution, dans le respect des lois en vigueur.
Dans un communiqué publié le 29 janvier, l’Acmar a précisé que le projet de construction à Villeneuve-les-Salines ne pourrait pas continuer en partenariat avec l’ACICM, qui a décidé de se désengager. Ce projet, chiffré à 3 millions d’euros, vise à bâtir un espace culturel et de prière de 13 mètres de haut sur une superficie de 1 385 mètres carrés, remplaçant l'actuel terrain de BMX, et a obtenu un permis de construction en décembre dernier. L’Acmar souligne que la communauté attend cet espace depuis plus de trente ans.
Un rêve compromis
La scission a été confirmée par l'ACICM lors de son assemblée générale extraordinaire, avec un mandat exclusif pour conduire le projet. L’association a précisé que si ce projet ne se réalisait pas, des alternatives seraient envisagées dans le même secteur. Le 3 février, un message anonyme sur Facebook, illustré d'un visuel du projet, a exprimé un sentiment d’abandon et dénoncé l’arrêt du projet comme un acte politique grave, contraire aux désirs de la communauté musulmane.
L’Acmar appelle à une mobilisation collective pour reprendre le contrôle d’un projet qu’elle estime avoir été confisqué. Contacté par Sud Ouest, Hamid Mellouk, président de l’Acmar, a refusé de commenter la situation pour l’instant. En revanche, le cabinet du maire Thibaut Guiraud a signalé qu’une réunion avec l’ACICM était prévue prochainement.
Le BMX à l’arrêt lui aussi
Parallèlement, le déménagement du terrain de BMX, prévu dans le cadre du projet de mosquée, est également compromis. Les communes d'Aytré et de La Rochelle n’ont pas réussi à s’entendre sur le financement. Bernard Nadau, président d’une association opposée à la construction de la mosquée sur le terrain prévu, a indiqué qu’un gros différend persistait entre les deux associations. Il a souligné qu'il serait surprenant qu'une seule association décide de réaliser le projet seule, étant donné que les deux sont nécessaire pour obtenir le permis de construire.







