Dans la Manche, les maires des communes côtières se retrouvent en première ligne face à la menace continue de l’érosion du littoral. Les tempêtes, qu’elles portent les noms de Ciaran ou Goretti, représentent un défi quotidien pour ces élus, qui se battent pour la sécurité de la population et la protection des biens. Avec des ressources souvent limitées, quel rôle peuvent-ils jouer pour contrer cette problématique croissante ?
À Saint-Germain-sur-Ay, par exemple, l’érosion est un sujet de préoccupation permanent. Le maire Christophe Gilles, également président de l’Association Syndicale Autorisée (ASA), souligne l'importance d'une approche collective pour gérer le dossier. Selon lui, Chaque effort compte. Nous sommes en train d'explorer des solutions durables pour protéger notre littoral.
L'ASA, en collaboration avec la mairie,initie plusieurs projets pour freiner le recul du trait de côte.
Les experts s'accordent à dire que, sans action significative, certaines communes pourraient faire face à des risques accrus dans les années à venir. Des voix s'élèvent pour demander un soutien accru des instances nationales. Élodie Guérin, climatologue à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD), mentionne l’urgence de renforcer la coopération entre les différents niveaux de gouvernance : Nous avons besoin d'un plan d'action concerté, mobilisant à la fois les collectivités locales et l'État.
En effet, des initiatives locales commencent à se multiplier. À Bréhal, un projet de construction de digues a été mis en place, visant à protéger les infrastructures critiques. Le maire de la commune, qui a récemment intégré un réseau d'échanges entre maires côtiers, évoque la nécessité d'une approche proactive : Regrouper nos efforts peut entraîner des financements plus importants et une meilleure visibilité sur les enjeux à venir.
Les maires de la Manche semblent donc bien décidés à ne pas laisser l’érosion sceller le sort de leurs communes. La lutte est loin d'être simple, mais leurs actions, soutenues par l’expertise scientifique et un engagement communautaire accru, pourraient faire toute la différence pour l’avenir des littoraux normands.







