La récente interpellation de Kobili Traoré, impliqué dans une affaire de séquestration, pourrait-elle rouvrir le dossier déjà controversé du meurtre de Sarah Halimi en 2017 ? La famille de la victime, une sexagénaire juive, nourrit l'espoir d'assister enfin à un procès.
Kobili Traoré, figurant emblématique de la chronique judiciaire, est de nouveau dans l'œil du cyclone à la suite d'un communiqué du parquet de Paris, annonçant qu'il allait comparaître devant un juge d'instruction pour une affaire grave d'enlèvement et de séquestration, avec une peine potentielle de 20 ans de réclusion. La réquisition de leur détention provisoire témoigne de la gravité des accusations.
Traoré, connu pour sa consommation de cannabis, avait brutalement attaqué Sarah Halimi, sa voisine, en 2017, avant de la précipiter d'un balcon, tout en scandant des slogans religieux. Bien que la nature antisémite du meurtre ait été reconnue, la Cour de cassation avait décidé, en avril 2021, qu’aucun procès ne pouvait avoir lieu, citant une « bouffée délirante » comme cause de son acte, selon des experts psychiatriques.
Cette décision a suscité un émoi considérable en France et au-delà, entraînant des manifestations massives tant dans l’Hexagone qu’en Israël, dénonçant l’impunité de Traoré, rapidement placé sous les soins de divers établissements psychiatriques.
Le parquet de Paris a récemment rapporté une situation troublante : fin janvier, Traoré et deux complices présumés ont agressé une personne avec qui ils avaient un contentieux financier, l’aspergeant de gaz lacrymogène et la séquestrant dans son appartement. Leur modus operandi inclut le vol de précieux objets, accentuant la violence de leur agression.
Réagissant à cette nouvelle interpellation, l'avocat de la famille Halimi, Me Olivier Pardo, a exprimé son effarement face à la récidive de Traoré dans des faits aussi violents alors qu'il était sous hospitalisation contrainte. La famille, toujours endeuillée par l'absence d'un procès dans l'affaire Halimi, se sent légitimement scandalisée par cette tournure des événements.
« Ces faits démontrent l'urgence de rouvrir ce dossier pour établir la vérité », a souligné Me Pardo, en promettant de présenter de nouveaux éléments susceptibles de contredire l'argument de l'abolition du discernement lors des faits cocasses d'il y a près de neuf ans.
Il a également mentionné que des initiatives juridiques seraient d’actualité, martelant que « l'assassinat de Sarah Halimi ne peut rester impuni ». Le cabinet de Me Pardo travaille sur des éléments nouveaux qu’il réserve pour la justice, avec l’espoir de rouvrir l’affaire, comme cela a pu être le cas dans des affaires antérieures en France.
Un psychiatre a récemment attesté, lors de la garde à vue de Traoré, qu'il ne présentait pas de symptômes aigus, offrant ainsi un contrepoint critique à son argumentation. Ce témoignage pourrait être cruciale pour la famille, qui aspire à démontrer que la préméditation est incompatible avec une abolition du discernement.







