Le président américain, moins prolixe que d'habitude, a opté pour une brève allocution vidéo pour justifier ses actions contre l'Iran. Dans la nuit, le Hezbollah et Israël ont échangé des tirs de missiles.
Alors que le conflit avec l’Iran s'intensifie, Donald Trump, en ce dimanche 1er mars, s'efforce de contrôler le récit médiatique auprès de l’opinion publique américaine. CNN note que, contrairement à ses habitudes, Trump n'a pas pris le temps de s'arrêter pour répondre aux questions des journalistes à son arrivée d’Air Force One, après un week-end à Mar-a-Lago.
Il a également demandé à son équipe de ne pas se rendre sur les plateaux télévisés, laissant plutôt à ses “alliés au Congrès”, tels que les sénateurs républicains Lindsey Graham, Ted Cruz et Tom Cotton, le soin d’expliquer aux Américains les motivations et objectifs des frappes. La chaîne d'information souligne cette décision stratégique.
Trump a limité ses communications à quelques interviews téléphoniques, comme celle accordée au The Daily Mail, où il a fait allusion à une opération qui pourrait durer “quatre semaines ou moins”, sans en préciser davantage. Lors d'une interview avec le New York Times, au cours de laquelle il a utilisé six minutes de son temps, il a mentionné qu'il avait “trois très bons choix” pour diriger l'Iran, sans toutefois dévoiler leurs noms avant d'avoir “fini le travail”.
Appel à "déposer les armes"
La majeure partie de son message, NBC News le rapporte, a été délivrée par le biais d’une déclaration sur sa plateforme Truth Social. Trump y a promis de "venger" la mort de trois soldats américains tués au Koweït, tout en admettant que d'autres pertes étaient probables. "C'est la réalité," a-t-il affirmé.
Après avoir célébré la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, qu'il accuse d'avoir "le sang de centaines, voire de milliers d'Américains sur les mains", Trump a exhorté les gardiens de la révolution à "déposer les armes" sous peine de "mort certaine". Dans la même vidéo, il a affirmé que de nombreux dignitaires iraniens "cherchent à se rendre pour sauver leur vie" et "nous appellent".
Il a également relancé son objectif de renverser le régime actuel : "J'appelle tous les patriotes iraniens en quête de liberté à saisir cette occasion, faites preuve de courage, d'audace, soyez héroïques et reprenez le pouvoir. L'Amérique est avec vous." Enfin, il a assuré que les opérations militaires américaines continueraient "jusqu'à ce que tous les objectifs soient atteints", soulignant que sa détermination et celle d'Israël n'ont jamais été aussi fortes.
Nouveau front ouvert au Liban
Le Centcom a signalé avoir frappé plus de mille cibles en Iran au cours des deux premiers jours d'opérations, ciblant des navires, sous-marins, sites de missiles et infrastructures de communication. Le Washington Post a rapporté 201 morts et 747 blessés, selon le Croissant-Rouge iralien, des chiffres non vérifiés par diverses sources.
Un nouveau front s'ouvre également au Liban. Dans la nuit de dimanche à lundi, l'armée israélienne a déclaré avoir mené des "frappes à grande échelle" sur Téhéran et au Liban en réponse aux attaques du Hezbollah. Des "terroristes de haut rang" à Beyrouth auraient été touchés, comme rapporté par Ha’Aretz.
De son côté, le mouvement libanais a confirmé avoir lancé "une salve de missiles et un essaim de drones" en réponse à "la mort d’Ali Khamenei." L'armée israélienne a indiqué avoir intercepté l'un des projectiles, tandis que d'autres ont atterri dans des zones non peuplées, sans faire de victimes.
Flambée du baril
Le conflit a également un impact en Europe, où les dirigeants d'Allemagne, de France et du Royaume-Uni se sont déclarés prêts à mener des "actions défensives nécessaires et proportionnées pour neutraliser la capacité de l'Iran à tirer des missiles et des drones à leur source". La Frankfurter Allgemeine Zeitung rapporte cette déclaration.
Bien que Londres ait précisé qu'il ne participerait pas aux actions offensives contre l'Iran, il a autorisé les États-Unis à utiliser ses bases militaires pour frapper des installations de missiles iraniens. Peu après cette annonce, la base britannique d’Akrotiri à Chypre a été touchée par un drone, causant des "dégâts mineurs" sans victimes, d’après The Guardian.
Enfin, les tensions ont entraîné des attaques sur trois navires dans le détroit d'Ormuz, un point névralgique pour le commerce pétrolier mondial, ce qui a entraîné une augmentation de 11 % des prix du baril, atteignant 75 $, avant de se stabiliser légèrement. Le Wall Street Journal souligne que les Iraniens cherchent à semer le doute sur la sécurité de cette voie maritime, tentant ainsi de se ménager une marge de manœuvre.







