L'islamologue Tariq Ramadan pourrait se présenter devant la cour criminelle de Paris pour répondre à des accusations de viols, selon un rapport médical dévoilé récemment par des experts mandatés par le tribunal. Ce rapport a été lu lors de l'audience, où il a été affirmé que son état de santé lui permettait de comparaître.
Le procès, qui a débuté lundi dernier, a été marqué par l'absence de l'accusé, hospitalisé à Genève en raison d'une aggravation de sa sclérose en plaques. Ses avocats évoquent une « poussée » de cette maladie, a rapporté Franceinfo. Face à cette situation, la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a décidé de solliciter une expertise médicale afin de déterminer si un renvoi était nécessaire, comme le plaidait la défense de M. Ramadan.
Les neurologues ont conclu à la « stabilité » de la sclérose en plaques de l'islamologue, sans signe de récente aggravation. Cependant, un médecin de Ramadan a indiqué qu'il était « vidé de son énergie », recommandant un repos de 7 à 10 jours avant toute comparution. Ce constat a suscité des réactions vives.
Me David-Olivier Kaminski, avocat de l'une des parties civiles, a souligné que M. Ramadan semble manipuler la situation pour éviter d'affronter la justice. Le procureur, Philippe Courroye, a quant à lui déclaré que l'absence de l'accusé ne devrait pas conduire à un renvoi, affirmant qu'« aucun renvoi n'est acceptable ».
Ramadan est accusé d'agressions sexuelles sur plusieurs femmes entre 2009 et 2016, et il se retrouve en pleine tempête judiciaire alors que des appels à un jugement par défaut affluent. Les tensions sont évidentes, avec les avocats de M. Ramadan insistant sur le fait qu'il veut ce procès.
Déjà condamné en Suisse pour un viol, Tariq Ramadan fait face à des accusations de viol aggravé et d'agressions matérielles, risquant jusqu'à vingt ans de réclusion. Ses tentatives répétées de prolonger la procédure et de demander des expertises sont désormais au centre de toutes les attentions.
La cour criminelle continue d'examiner les différentes facettes de cette affaire, entre enjeux judiciaires et médiatiques, alors que la date limite pour sa comparution approche à grands pas.







