Un homme devant les Assises de l'Ardèche pour le braquage d'une station-service à Vinezac en 1993

Un braquage de 1993 resurgit, un homme face à la justice plus de 30 ans après les faits.
Un homme devant les Assises de l'Ardèche pour le braquage d'une station-service à Vinezac en 1993
Le procès devant la cour d'assises à Privas a lieu ce lundi 9 mars et mardi 10 mars. © Radio France - Lison Bourgeois

Les 9 et 10 mars prochains, Mohamed, un quinquagénaire, sera jugé à Privas pour le braquage d'une station-service à Vinezac, en Ardèche, survenu en août 1993. Ce vol, qui remonte à plus de trois décennies, a été marqué par l'agression d'un pompiste par un homme masqué utilisant un bas de collant féminin. L'auteur avait réussi à emporter plus de 2.000 francs, mais six mois après, la victime a reconnu son agresseur grâce à des portraits-robots transmis par les gendarmes.

Né à Aubenas, Mohamed, dont le père était mineur et est décédé lors d'un accident dans une mine à Largentière, avait quitté la France pour s'établir en Algérie peu après les faits. C'est alors qu'il a été condamné par contumace en 1995 à une peine de 12 ans de réclusion criminelle. Bien qu'il ait fondé une famille et trouvé du travail en Algérie, il a fait l'objet d'un mandat d'arrêt, soulignant la complexité de cette affaire.

Pourquoi un procès devant la cour d'Assises, 33 ans après les faits ?

En 2016, alors qu'il est arrêté par la police algérienne, celle-ci découvre son mandat d'arrêt. Cependant, la France ne demande pas son extradition. Selon son avocat, Me Guillaume Fort, cela soulève des questions sur la responsabilité du parquet ardéchois. Il déclare que "le parquet a refusé son extradition durant près de 18 mois, estimant qu'il était Algérien alors qu'il est Français".

En 2021, Mohamed et sa famille prennent la décision de s'installer dans les Alpes-de-Haute-Provence, où vivent des proches. Il devient chauffeur-livreur, mais en début d'année 2025, il est contrôlé par des gendarmes français qui réactivent le mandat d'arrêt. Me Fort précise qu'un condamné par contumace doit être rejugé, justifiant ainsi ce procès tant attendu.

Mohamed conteste sa participation au braquage et attend son nouveau procès sous un bracelet électronique. La réouverture de son affaire pose un certain nombre de questions sur la justice et le traitement des affaires anciennes. Ce procès pourrait non seulement faire avancer son cas, mais aussi redonner un souffle à des discussions plus larges sur les droits des condamnés.

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