Dans un souci de préservation de la souveraineté maritime française et d'anticipation stratégique, Naval Group, en collaboration avec la Direction générale de l'armement (DGA), commence déjà à réfléchir à un successeur pour les sous-marins d'attaque du programme Barracuda. Ce processus est lancé alors même que la série actuelle de sous-marins n'est pas encore complètement livrée, et ses objectifs sont clairs : assurer une transition fluide afin d'éviter toute rupture capacitaire.
Comme l’indique Actu.fr, cette initiative s'inscrit dans une planification à long terme, avec un regard fixé sur 2070. Vincent Martinot-Lagarde, directeur des bâtiments de surface chez Naval Group, souligne que cette démarche de planification s'est toujours inscrite dans un horizon de plusieurs décennies, impliquant des programmes dont le cycle de vie peut dépasser les 80 ans.
Six sous-marins Barracuda, dont trois déjà livrés
La classe Barracuda, de deuxième génération, comprendra finalement six sous-marins nucléaires d’attaque. À ce jour, trois d’entre eux – le Suffren, le Duguay-Trouin et le Tourville – sont déjà en service. Les trois autres, à savoir le De Grasse, le Rubis et le Casabianca, sont en cours de construction à Cherbourg.
La DGA précise que "les réflexions sur la suite du programme sont initiées", et cela, dans un contexte mondial de compétition accrue. Ces réflexions visent à explorer des ruptures technologiques essentielles à la continuité de la souveraineté technologique de la France.
Vers une continuité opérationnelle
L’objectif principal de cette stratégie est d'assurer une continuité opérationnelle au sein de la Marine nationale. Avec la nouvelle classe de sous-marins Suffren remplaçant progressivement la classe Rubis dont le retrait est prévu en 2027, la livraison du Casabianca est attendue pour 2029. L’intention est d’initier le programme de la prochaine génération dès que possible pour éviter des délais considérables, comme c'est déjà le cas pour la classe Le Triomphant prévue pour être remplacée à partir de 2037.
Un autre enjeu majeur est d'éviter un "creux technologique" qui pourrait survenir alors que les derniers Barracuda entreront en fin de carrière, laissant un potentiel décalage dans les performances et l'adaptation aux nouvelles menaces.
Il est également crucial pour l'État et les industriels de préserver un socle de compétences. Après la fermeture de certains programmes antérieurs, les départs massifs qui en ont résulté ont fragilisé des savoir-faire précieux. Pour remédier à cela, Naval Group a initié dès 2018 une démarche de transmission de compétences, garantissant ainsi que l'expertise soit maintenue dans le secteur.
En somme, cette démarche proactive de Naval Group et de la DGA démontre une volonté forte d'assurer une défense maritime robuste et résiliente pour les décennies à venir, comme l'a constaté Valeurs Actuelles.







