À partir de ce mardi, la France entame une transition significative avec la déconnexion du réseau 2G. Orange ouvre la voie en désactivant ses premières antennes dans le sud-ouest, marquant le début d'une extinction progressive de cette technologie des années 1990, qui devra totalement disparaître d'ici fin 2026 au profit de la 4G et de la 5G.
quelles transformations attendent les utilisateurs ce mardi ?
Cette journée représente une première étape symbolique : Orange va mettre hors service son réseau 2G dans 28 communes du sud-ouest, notamment à Bayonne, Biarritz et Anglet. "Cela va être une opération logicielle à distance, touchant 61 sites mobiles en 2G", précise Bénédicte Javelot, directrice de projets stratégiques et de développement chez Orange, dans une interview à l’AFP.
Concrètement, il ne sera plus possible pour les utilisateurs particuliers ou professionnels de se connecter à ce réseau. Cela affectera également les abonnés de l’opérateur Free, qui dépend de la 2G d’Orange.
l'impact immédiat sur les clients
Dans la région concernée par cette première phase, Orange a identifié environ 2 300 cartes SIM encore actives sur le réseau 2G, dont 800 pour le grand public. Au total, plus de 1,5 million de téléphones en France sont uniquement compatibles avec la 2G, selon les données de l'ARCEP.
"Il est probable que beaucoup de ces appareils soient de vieux téléphones conservés par leurs propriétaires", déclare Romain Bonenfant, directeur de la Fédération française des télécoms. Les utilisateurs de ces cartes doivent donc envisager un changement de téléphone. "Les opérateurs peuvent identifier ces anciens terminaux et contacter les utilisateurs pour les informer de la nécessité de migrer", précise-t-il.
les raisons de cette extinction
Les décisions de désactivation des technologies 2G et 3G s’inscrivent dans la stratégie des opérateurs de télécommunications. D’après l'ARCEP, la 2G est un "ancien réseau", qui est plus vulnérable aux cyberattaques et moins efficace en termes de consommation d'énergie. L'extinction de cette technologie permettra de libérer des fréquences, lesquelles seront redéployées pour des technologies plus récentes comme la 4G et la 5G.
les ascenseurs : un enjeu de sécurité
Les professionnels du secteur des ascenseurs avaient exprimé des préoccupations concernant cette transition. Les systèmes de sécurité des ascenseurs, qui dépendent souvent d'une connexion similaire à celle des téléphones, utilisent des cartes SIM ou des lignes fixes. Environ 230 000 ascenseurs en France fonctionnent avec la 2G, et près de 60 000 avec la 3G, sur un parc total de 653 000 ascenseurs.
Un décret gouvernemental publié le 4 mars impose le remplacement des systèmes de communication. À partir du 15 mai, un contrôle technique vérifiera également l’obsolescence de ces appareils. Bien que le remplacement des cartes 2G ou 3G soit généralement rapide, la Fédération des ascenseurs met en garde contre le risque d’embouteillage des interventions. "Les 17 000 à 20 000 techniciens doivent s’occuper de nombreuses adaptations dans un délai limité while also fulfilling their regular tasks," déclare la Fédération.
quelles seront les étapes suivantes ?
Tous les principaux opérateurs – Orange, Bouygues Telecom et SFR – ont prévu de mettre fin au service 2G d’ici 2026. Orange poursuit ses opérations dans plusieurs départements du sud-ouest avant d'élargir l’extinction à l’ensemble du territoire à partir de septembre. Bouygues Telecom et SFR prévoient de déconnecter la 2G entre mi-novembre et décembre. Ces trois opérateurs ont également prévu d'éteindre leurs réseaux 3G entre fin 2028 et 2029, tandis que Free n’a pas encore communiqué de date à ce sujet.







