À Devecey, près de Besançon, les salariés de la plateforme comptable Clariane ont manifesté, le mardi 31 mars, pour faire entendre leur désespoir face à la fermeture imminente de leur site. Ces employés, au nombre de 38, s'inquiètent de l'incertitude concernant leur futur professionnel.
Ce projet, annoncé par Clariane, la société mère du géant Korian dans le secteur des maisons de retraite, a été présenté aux partenaires sociaux début février. Dans le cadre d'une réorganisation de ses fonctions support, une partie des opérations sera transférée à Aix-en-Provence.
Un sentiment d'inquiétude dominé par le flou
Les participants à la grève partagent une préoccupation commune : l'avenir qui s'annonce incertain. "On nous donne pas de chiffre. On ne sait pas avec quoi on va partir… on est dans le flou et on a besoin de visibilité pour pouvoir se projeter", déplore Magalie, employée depuis dix ans sur le site.
Pour beaucoup, la décision est d'autant plus difficile à accepter après des années d'efforts pour accompagner les transformations de l'entreprise. "On a tous fait énormément d’efforts, des concessions, on s’est vraiment sentis utilisés", ajoute-t-elle. L'inquiétude persiste quant à la difficulté de retrouver un emploi dans le secteur. Un salarié témoigne : "Ça va être compliqué de retrouver du travail dans le secteur."
Des garanties réclamées par les syndicats
Les représentants du personnel œuvrent maintenant pour obtenir des engagements clairs. Ils se concentrent sur les conditions de départ et les options de reclassement, insistant sur l'importance d'un soutien financier adéquat. "On veut des sommes qui soient correctes parce qu’on sait que les employés ne retrouveront pas facilement du travail", affirme Annick Rivier, déléguée syndicale centrale. Les syndicats mettent également en lumière la complexité du calendrier du plan de sauvegarde de l’emploi, qui doit se mettre en place dans les mois à venir, risquant de rendre la recherche d'emploi plus difficile durant l'été.
Une procédure encore en cours selon la direction
La direction de Clariane a tenu à rappeler dans un communiqué que le projet est "toujours en cours d’information-consultation et de négociation avec les organisations syndicales, dans un cadre légal strict". Le groupe affirme avoir informé les équipes dès l’annonce de la restructuration et souligne ses efforts pour échanger avec les employés, avec des visites régulières sur le site. Toutefois, il précise que certaines mesures d’accompagnement, telles que les indemnités ou les programmes de formation, ne sont pas encore définies. Clariane met en avant l'idée d'un suivi personnalisé des salariés concernés, en collaboration avec un cabinet spécialisé pour le reclassement, tout en envisageant de privilégier les opportunités internes.







