Le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, communément appelé Mucem, est actuellement sous le feu des projecteurs suite à des accusations portées contre son directeur, Pierre-Olivier Costa. Selon des informations diffusées par le site Blast et confirmées par la Cellule investigation de Radio France, le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour harcèlement moral et sexuel.
Le signalement, fait selon l'article 40 du code de procédure pénale, émane du ministère de la Culture, qui estime que les allégations sont suffisamment graves pour justifier une telle procédure. En effet, des plaintes avaient déjà été soulevées par un agent du Mucem, décrivant un environnement de travail dégradé et des comportements inappropriés de la part de sa direction.
Les accusations remontent à septembre dernier, lorsque l'agent en question a alerté la cellule anti-harcèlement de son ministère. À la suite de ces déclarations, une main courante a été établie, ce qui a conduit à une enquête de l’Inspection générale des affaires culturelles, qui a également saisi la question du climat social au sein de l’établissement.
Pour Pierre-Olivier Costa, qui a été nommé directeur du Mucem en novembre 2022 après avoir été directeur de cabinet de Brigitte Macron, ces accusations ne sont pas sans précédent. Des employés avaient déjà signalé des problèmes managériaux et une détérioration globale des conditions de travail au sein du musée. En décembre 2023, un premier signalement avait alerté sur la montée des symptômes de stress chronique chez le personnel, qu’une étude de la médecine du travail avait corroboré en septembre 2024.
Le ministère de la Culture, contacté par la Cellule investigation, a rappelé que le Mucem jouit d’une autonomie de gestion, et donc n’est pas sous le contrôle direct du ministère pour ce qui est des procédures internes. Cela dit, les faits rapportés et l'enquête en cours pourraient avoir des répercussions sur la réputation et le fonctionnement du musée.
Pierre-Olivier Costa, pour sa part, a exprimé son étonnement face à cette procédure ouverte, assurant ne pas en avoir été informé. La suite de l’enquête révélera peut-être des vérités bien plus sombres derrière les portes du Mucem.







