L'annonce est un coup dur pour Alinea. Le tribunal de commerce de Marseille a décidé ce mardi de placer l'enseigne d'ameublement en liquidation judiciaire, faute de repreneur sérieux. Cette décision signifie que près de 1.200 employés se retrouvent sans emploi, ce qui représente un véritable choc dans le secteur. L'enseigne, qui fait partie du groupe Mulliez, avait été placée en redressement judiciaire en novembre dernier, mais malgré une offre de reprise d'un groupe roumain, celle-ci a été jugée insuffisante par la direction et les salariés.
Suite à cette décision, 36 magasins de l'enseigne ont fermé leurs portes dimanche, et seuls sept franchisés pourront continuer à exercer sous un autre nom. Un Conseil économique et social (CSE) est prévu ce jeudi pour élaborer le plan de licenciement, un moment particulièrement difficile pour les employés touchés.
Pertes financières substantielles
En novembre, lors de son placement en redressement judiciaire, Alinea affichait des pertes de 47 millions d’euros pour un chiffre d'affaires de 162 millions d’euros pour l'exercice 2024. L'enseigne avait déjà connu des difficultés en 2020, notamment en raison de la pandémie de Covid-19, ce qui l'avait amenée à ferrailler pour sa survie et perdre 17 de ses magasins, ainsi que près de 1.000 postes. En intégrant une vingtaine de magasins Zodio (un autre membre du groupe Mulliez) en 2023, Alinea espérait un renouveau, mais les pertes cumulées de plus de 60 millions d’euros entre 2021 et 2023 ont rendu la situation critique.
Face à un contexte économique difficile, Alinea a dû composer avec une forte concurrence, notamment celle des géants tels qu'Ikea et But-Conforama, qui possèdent des parcs de magasins plus denses et des stratégies tarifaires plus agressives. L'émergence de détaillants discount comme Action, qui compte 850 magasins en France, et des plateformes en ligne comme Temu, a également ajouté à la pression sur la marque. Selon une étude de l'INSEE publiée récemment, le secteur de l'ameublement et de la décoration est affligé de "difficultés structurelles" et a subi une baisse d'environ 7 % du nombre de magasins entre 2015 et 2022.







