Ce mardi 31 mars 2026, l'Éducation nationale a annoncé une faible mobilisation parmi les enseignants, avec seulement 9,68 % d'entre eux en grève. Toutefois, les organisations syndicales contestent ces chiffres, déclarant qu'une proportion beaucoup plus importante a participé au mouvement.
Les syndicats avaient estimé que jusqu'à 30 % des enseignants du premier degré pourraient répondre à l'appel en raison des suppressions de postes et des fermetures de classes, conjuguées à des revendications salariales urgentes. Au-delà des effets d'annonce, les données du ministère révèlent une mobilisation à la mi-journée en deçà des attentes.
Selon les statistiques ministérielles, le taux de grévistes a atteint 13,2 % dans le premier degré, tandis que dans le second degré, il s'élève à 7,18 %, incluant 9,7 % dans les collèges et 4,94 % dans les lycées généraux. La moyenne globale, en tenant compte des autres personnels, s'établit à 7,56 %.
Pourtant, le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, avance un taux de 25 % de grévistes, avec des chiffres atteignant presque 30 % à Paris, Lyon, et en Normandie, tandis que le SNUipp-FSU, le premier syndicat du primaire, parle lui aussi d’un soutien massif, presque 30 % dans les écoles. Ces disparités reflètent un fossé entre les considérations officielles et la perception des enseignants.
Des manifestations à travers le pays
À l'origine de cette grève, des actions de protestation se déroulent dans plusieurs grandes villes. À Paris, les enseignants ont rejoint un cortège partant à 14 heures du jardin du Luxembourg, en direction du ministère de l'Éducation nationale.
À Marseille, les mobilisations ont rassemblé 800 personnes, incluant 200 lycéens selon la préfecture. Éric Mampaey, secrétaire régional Unsa Éducation, a souligné la nécessité de maintenir des conditions d'enseignement favorables, indiquant que la baisse démographique aurait pu servir à consolider les moyens éducatifs, plutôt que de les réduire.
Une dizaine d'élèves ont bloqué les entrées de leur lycée à Marseille, dénonçant la prévision de 100 heures de cours supprimées. Loeiza Cambie, élève de 16 ans, a témoigné que ce manque aurait pour effet d'augmenter le nombre d'élèves par classe tout en réduisant les options disponibles.
À Clermont-Ferrand, la suppression de 105 postes a suscité l'indignation de quelques 200 manifestants, brandissant la banderole : "Pour l'école publique, contre les suppressions de postes". À Lyon, un défilé a été organisé entre le rectorat et la Bourse du Travail, mais le rectorat n’a pas encore communiqué de chiffres officiels concernant la participation.







