Une mère de 28 ans a été condamnée à trois ans de prison par la cour d'assises de la Somme pour l’homicide involontaire de son bébé de deux mois, lors d’une audience qui a secoué la communauté locale. Les faits se sont déroulés à Feuquières-en-Vimeu le 10 novembre 2022, selon France 3 Hauts-de-France.
La prévenue a été jugée pour l'administration intentionnelle de substances dangereuses, en lien avec son addiction à l’héroïne et à la cocaïne, a reporté Le Courrier Picard. Le ministère public avait initialement requis une peine de quinze ans de détention.
Négligences exposées au tribunal
Le procès a révélé de nombreuses négligences de la part de la mère, qui a également des filles de 11 et 8 ans. Elle a admis qu'elle préparait ses lignes de cocaïne et les biberons sur le même plan de travail, sans se laver les mains, comme l'a souligné Me Anne-Laure Pillon, avocate des parties civiles. Selon elle, "c'est une consommatrice qui a commis de nombreuses erreurs, qui mettait le doigt dans la bouche de son enfant".
Son addiction persistante n’a pas cessé durant sa grossesse, et l'enfant est né prématurément. Malgré cela, les experts n'ont pu établir avec certitude que la consommation de drogue de la mère avait directement causé le décès de l'enfant, qui est survenu suite à un syndrome asphyxique de "cause multifactorielle". L’avocat de la défense, Me Geoffrey Gimeno, a défendu que les causes du décès demeuraient incertaines.
Appel à la responsabilité
La prévenue a contesté l'accusation d'intention, affirmant avoir agi sans vouloir nuire. Cependant, l'avocate générale Aline Moulin a souligné que les actes répétitifs de la mère témoignaient d'une négligence criante. La cour a finalement requalifié les faits en homicide involontaire « par maladresse, imprudence, inattention et négligence ». Bien qu'elle ait été condamnée à trois ans de prison, la femme a été libérée compte tenu du temps déjà purgé en détention provisoire.
Le président Damulot et un psychiatre ont également émis des inquiétudes quant au risque de récidive. Malgré une abstinence temporaire durant sa détention, la mère a exprimé son désir d'avoir un nouvel enfant, soulevant des questions sur son avenir parental et sa capacité à assumer de telles responsabilités.







