L'eau célèbre de Vittel, reconnue à l'échelle mondiale, est actuellement sous la menace d'un assèchement préoccupant. Cette situation alarmante est largement attribuée à l'exploitation intensive par la société Nestlé, qui extrait chaque année un million de mètres cubes de cette précieuse ressource.
Le nom « Vittel » évoque immédiatement l'eau avant de rappeler la ville elle-même. Cependant, cette eau, prisée globalement, est sur le point de disparaître. L'association 60 millions de consommateurs a signalé et condamné l'épuisement de la nappe phréatique, en raison des opérations de pompage émanant de Nestlé. Des volumes supplémentaires, totalisant 600 000 mètres cubes, sont également prélevés par la fromagerie Ermitage. Aujourd'hui, seulement 50 % des ressources en eau demeurent accessibles pour l'alimentation en eau potable de Vittel et des municipalités environnantes.
Une nappe phréatique en déficit
Exploité par Nestlé depuis plus de trois décennies, cette nappe phréatique mythique s'étend des Vosges au Luxembourg. L'industrialisation excessive entrave sa capacité de régénération, menaçant ainsi ce réservoir d'eau douce. Bien que les soucis liés à la ressource ne soient pas récents, le déficit en eau avait déjà été évalué à 2,5 millions de mètres cubes par an dans les années 70. Aujourd'hui, la situation semble stabilisée autour de 800 000 m³, une quantité égale à celle prélevée chaque année par Nestlé. Dans un communiqué publié le 22 mars, l'association France Nature Environnement (FNE) a dénoncé que "le géant Nestlé Waters s'est accaparé cette précieuse ressource pour la vente d'eau en bouteille, exportée jusqu'en Allemagne, au détriment des populations locales". Pourtant, l'entreprise souligne avoir réduit ses prélèvements de 25 % en 2017.
À la recherche de solutions potables
Depuis 2010, des solutions d'économie d'eau et de transfert des ressources sont à l'étude par la Commission locale de l'eau (CLE). Le 15 mars dernier, la CLE a proposé la construction de plusieurs kilomètres de canalisations pour puiser de l'eau potable dans les régions voisines, avec pour objectif de transférer 1 Mm3/an. Le coût de cette opération est évalué entre 15 et 30 millions d'euros, entraînant potentiellement une hausse du prix de l'eau allant de 0,20 à 1 euro par m3 pour les consommateurs. Une décision à ce sujet sera votée par la commission en juin 2018.







