Une recherche menée auprès de plus de 500 000 Britanniques met en lumière un lien troublant entre l'ajout de sel à nos repas et la réduction de l'espérance de vie. Selon cette étude, les hommes pourraient perdre jusqu'à deux ans, tandis que les femmes risquent de voir leur vie raccourcie d'un an et demi.
Cette étude, publiée dans l'European Heart Journal le 10 juillet, soulève une question essentielle : votre consommation de sel influence-t-elle votre risque de décès prématuré ? Dans la population générale, environ 3 % des personnes âgées de 40 à 69 ans meurent prématurément, les causes étant variées. Les résultats suggèrent que l'ajout de sel, en dehors du processus de cuisson, pourrait avoir un impact sévère sur la santé.
Une augmentation du risque de mortalité prématurée
Le Pr Qi, de l'École de santé publique et de médecine tropicale de l'Université de Tulane à La Nouvelle-Orléans, a dirigé l'étude et a déclaré : "À ma connaissance, notre étude est la première à évaluer la relation entre l'ajout de sel aux aliments et la mort prématurée." Il a également noté que même une réduction modeste de l'apport en sodium, par exemple en limitant le sel à table, pourrait offrir des bénéfices significatifs pour la santé.
Au cours de cette étude de neuf ans, 501 379 participants britanniques ont été questionnés sur leurs habitudes concernant l'ajout de sel. Bien que le suivi de l'apport en sel soit complexe — 70 % de l'apport en sodium provient d'aliments transformés — les chercheurs estiment que 4 à 20 % de ce sodium provient du sel ajouté à table. Le Professeur Qi précise que cet ajout est commun et lié aux préférences gustatives.
Des résultats alarmants
Les résultats révèlent que ceux qui ajoutent régulièrement du sel à leurs plats voient leur risque de mourir prématurément augmenter de 28 % par rapport à ceux qui ne le font que rarement. Cela signifie que ces personnes sont plus susceptibles de mourir avant l'âge de 75 ans. Le sodium étant lié à des maladies graves comme le cancer et l'hypertension, la situation est préoccupante.
Les chercheurs ont également constaté qu'à 50 ans, ceux qui ajoutaient fréquemment du sel à leurs plats réduisaient leur espérance de vie de 2,28 ans pour les hommes et de 1,5 an pour les femmes. Les analyses tiennent compte de divers facteurs, comme l'âge et l'alimentation, et indiquent que les risques semblent légèrement atténués chez les personnes consommant beaucoup de fruits et légumes. Ces aliments, riches en potassium, pourraient avoir un effet protecteur contre le décès prématuré.
Sources :
Adding salt to foods and hazard of premature mortality, European Heart Journal, 10 juillet 2022
Adding salt to your food at the table is linked to higher risk of premature death, European Society of Cardiology, 10 juillet 2022







