Pour bénéficier d'une retraite complète, il est essentiel d'atteindre l'âge légal, spécifiquement déterminé selon votre année de naissance. Cependant, cette condition indispensable n'est pas suffisante; la validation des trimestres est tout aussi essentielle. Nous détaillons ici ces éléments.
Les deux axes fondamentaux : l'âge et les trimestres
Pour déterminer votre retraite, deux facteurs principaux entrent en jeu : l'âge de départ et le total de trimestres que vous avez validés.
L'âge légal prévu pour le départ
Ce dernier évolue progressivement de 62 ans à 64 ans, 3 mois supplémentaires étant ajoutés par année de naissance, suite à la réforme de 2023.
Le total de trimestres nécessaires
Ce total se fixe aussi en fonction de votre année de naissance, atteignant par exemple 172 trimestres (43 ans) pour ceux nés en 1965.
Récapitulatif
- Il est impossible de partir à la retraite avant l'âge légal (62 ans et 9 mois pour les nés en 1963, 63 ans pour ceux nés en 1964, etc.), sauf situations exceptionnelles comme une carrière longue ou une inaptitude.
- Bien que vous puissiez partir sans avoir tous les trimestres requis, cela entraîne une décote permanente. Chaque trimestre manquant provoquerait une réduction de 1,25% de votre pension de base, équivalant à 5% pour 4 trimestres. Votre retraite complémentaire subirait également une diminution à vie.
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Travailler plus longtemps pour éviter la décote
Vous atteignez l’âge légal mais n’avez pas le nombre de trimestres requis ?
Prolonger votre activité pour acquérir tous vos trimestres vous offre plusieurs avantages :
- votre retraite sera calculée sans décote, c'est-à-dire à taux plein : 50% pour le régime général et régimes similaires, 75% pour la fonction publique;
- elle ne sera pas affectée par le nombre de trimestres manquants, car le calcul de la retraite repose sur trois critères. La formule est : votre retraite = votre revenu moyen x taux x [nombre de trimestres validés/nombre de trimestres requis].
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L'exemple de Serge, né fin mars 1963
Serge peut prendre sa retraite en janvier 2026, à l'âge de 62 ans et 9 mois. Cependant, il ne compte que 166 trimestres sur les 170 requis pour un taux plein, ce qui signifie que sa pension sera calculée à 45% (au lieu de 50%). La pension subira également une réduction en raison des trimestres manquants : 166/170, offrant un coefficient de 0,9765.
Avec 3000 € de revenu moyen, la retraite de Serge s'évaluera ainsi : 3000 € x 45% x 166/170 = 1 318 €.
En poursuivant une année de travail supplémentaire, il atteindra un taux plein (50%) et validera 170 trimestres, soit un coefficient de 1, augmentant sa pension à 1500 €.
Le taux plein ne garantit pas toujours une retraite totale
Certaines situations permettent d'obtenir un taux plein même sans tous les trimestres
- Prendre sa retraite à 67 ans, âge du taux plein automatique;
- Recevoir une pension d'invalidité ou l'allocation adulte handicapé, ouvrant droit au taux plein si la retraite est liquidée après 62 ans (ou dès 55 ans dans certaines conditions);
- Demander une retraite pour inaptitude en cas de longue maladie ou d’incapacité suite à un accident, ce qui permet une retraite à taux plein dès 62 ans, après reconnaissance par un médecin-conseil de la caisse de retraite.
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Attention : une pension minorée malgré le taux plein
Il est important de noter que même si vous atteignez le taux plein sans avoir acquis tous vos trimestres, votre pension pourra être réduite. Par exemple, si vous obtenez le taux plein en raison d'une inaptitude mais que vous avez 160 trimestres au lieu de 170, votre retraite sera calculée avec un coefficient de 0,94 (160/170).
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