La start-up français Lifebloom a récemment sécurisé 8 millions d'euros pour élargir l'accès à sa thérapie basée sur un exosquelette innovant. En alliant assistance mécanique et objets connectés, elle ambitionne de favoriser la marche autonome de 1 000 patients d'ici 2028 dans des établissements de santé.
À l’échelle mondiale, 132 millions de personnes souffrent d’une perte de mobilité, plaçant la sédentarité hospitalière comme un défi majeur. La dépendance au fauteuil roulant traditionnel limite malheureusement l'activité physique à de rares séances de rééducation. Dans ce contexte, Lifebloom propose une approche novatrice : la thérapie intégrée Lifebloom One, qui repose sur son dispositif Oxilio, un fauteuil-exosquelette qui soutient l'utilisateur en permettant un usage optimal de ses capacités physiques. "L'objectif est de vous aider à mobiliser votre force plutôt que de vous laisser dépendre", explique Damien Roche, cofondateur et PDG de la société.
Ce dispositif révolutionnaire réduit le poids corporel de l'utilisateur de jusqu'à 80 %, facilitant ainsi la verticalisation. La sécurité se concentre au niveau du bassin, permettant à l'utilisateur de libérer ses mains et d'effectuer ses propres mouvements, ce qui favorise la plasticité neuronale, un aspect crucial pour la rééducation.

Une rééducation augmentée par les données
Lifebloom inclut également des objets connectés pour suivre les progrès en temps réel. "Il manquait un retour sur le nombre de pas et le temps debout pour motiver le patient à se dépasser", souligne M. Roche, qui reconnaît l'importance de ces données pour un suivi efficace. Validée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, la technologie a permis à des patients ayant subi un AVC de multiplier par six leur temps d'activité.
Pour industrialiser ce modèle, la start-up envisage de déployer des "Unités de la Marche" au cœur des services hospitaliers.
Un passage à l’échelle industrielle
Si l'hôpital représente la première étape, l'objectif final de Lifebloom est d'intégrer ce dispositif dans les foyers. Le cofondateur précise : "Nous souhaitons qu'une couverture par l'Assurance maladie soit mise en place, notamment via un modèle de location à long terme, rendu accessible au plus grand nombre."
Depuis sa création en 2019, Lifebloom a non seulement levé 6 millions d'euros en capital, mais a également bénéficié de 2 millions d'euros par le biais du plan national France 2030, un soutien qui lui permettra d'équiper 30 centres. "Ce n'est pas une levée de fonds traditionnelle, mais plutôt une coalition autour d'un enjeu de santé publique", conclut Damien Roche.







