Le groupe français Le Printemps a annoncé le 7 avril son intention de procéder à la suppression de 229 postes sur un total de 3 000 employés, ainsi que la fermeture de sa filiale à Rennes, une décision tragique pour les travailleurs concernés.Les responsables de l'enseigne, fondée en 1865, évoquent un « marché instable et fortement concurrentiel » comme raison majeure de cette réorganisation. La CGT a qualifié ce plan de « choc » pour ses membres et a exprimé de vives inquiétudes sur les répercussions pour l'emploi.
Le communiqué de presse du 7 avril précise que ce plan s'inscrit dans un contexte de « ralentissement durable des ventes des biens de consommation », aggravé par la crise du pouvoir d'achat et la montée en puissance de la mode ultra-éphémère, notamment des acteurs comme Shein et Vinted, qui captent une part croissante des consommateurs français.
Les 51 employés de la boutique de Rennes ne sont pas les seuls à craindre pour leur emploi, car de nombreux prestataires et marques associées pourraient également souffrir en raison de cette fermeture. Un membre de la CGT du Printemps, qui a souhaité garder l'anonymat, a même évoqué la possibilité que cela touche « beaucoup plus de personnes » dans le secteur.
« Un environnement commercial devenu incompatible »
La direction a reconnu que la fermeture du magasin de Rennes, situé dans le centre commercial Alma, est due à un repositionnement stratégique vers un « mass market », rendant l'ancien modèle commercial de Printemps difficile à maintenir.
Ce plan de restructuration fait suite à un précédent plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) déjà réalisé fin 2021, où plusieurs centaines d'emplois avaient été supprimés. « On l’a senti venir, ça fait des années qu’on est dans le rouge et on ne voyait pas de stratégie pour retrouver de la croissance », a déclaré un syndicaliste.
La réorganisation prévoit également des ajustements, incluant la création de 91 postes sur d'autres entités comme les magasins et le site printemps.com, mais principalement pour des postes de direction.
« Nous exigeons des alternatives à ces licenciements et l’ouverture de véritables négociations. Printemps doit retirer ce plan », avertit la fédération commerce et services de la CGT, soulignant une voix discordante parmi ceux qui se sentent trahis par cette décision.
Le Printemps, avec ses 20 magasins en France, ainsi que des points de vente à New York et Doha, fait face à des défis majeurs pour s'adapter à un marché en pleine mutation. Ce ultime plan de licenciements laisse entrevoir un avenir incertain pour l'enseigne.







