Le secrétaire d'État aux Transports, Philippe Tabarot, accompagné du prince Albert II de Monaco, a inauguré lundi dernier l'extension tant attendue du terminal 2 de l'aéroport de Nice. Cette initiative augmentera la capacité d'accueil de 14 à 18 millions de passagers chaque année, suscitant l'inquiétude des opposants au sur-tourisme.
Avec plus de 15 millions de voyageurs prévus en 2025, le deuxième aéroport français après celui de Roissy-Orly était sur le point d'atteindre ses limites.
S'étendant sur 23.000 m², l'extension représente une augmentation de 30 % des infrastructures actuelles. Les nouvelles installations comprennent 36 banques d'enregistrement, six salles d'embarquement, un poste de police aux frontières, un espace de livraison des bagages et un salon VIP pour les passagers internationaux.
Bien que certains espaces soient d'ores et déjà opérationnels depuis le printemps 2025, l'ensemble des installations ouvrira la semaine prochaine. Les travaux, démarrés en 2022, ont coûté plus de 130 millions d'euros, et Tabarot a déclaré : "Nous fêtons aujourd'hui une amélioration qui va permettre à davantage de passagers de profiter de notre belle région et d'accéder au reste de l'Europe et du monde."
Cependant, le Collectif citoyen 06 a exprimé son mécontentement, qualifiant cette expansion de "pleine vitesse sur le sur-tourisme à Nice", redoutant jusqu'à 30.000 vols supplémentaires par an.
Le recours du collectif contre le projet, arguant que les études d'impact ont négligé les conséquences d'une hausse de trafic aérien, a été rejeté en appel, bien que l'affaire soit toujours pendante devant le Conseil d'État.
La direction de l'aéroport souligne qu'avec des avions plus grands et mieux remplis, nous n'assisterons pas nécessairement à une augmentation du nombre de vols. En 2023, l'aéroport a enregistré une augmentation de 3,2 % du nombre de passagers, contre une hausse de 1,9 % des mouvements d'avion, avec une moyenne de 446 mouvements par jour.
L'aéroport avoue même anticiper une réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à l'optimisation des performances aériennes. Néanmoins, le manque d'effectifs parmi les contrôleurs aériens demeure un problème majeur, entraînant des retards récurrents l'an dernier lorsque le personnel était en effectif réduit.
Philippe Tabarot a promis le recrutement de 30 contrôleurs sur deux ans pour la région. Cependant, leur formation nécessitera plusieurs années, et même si les retards ont diminué depuis le printemps 2025, ils sont à redouter de nouveau à l'approche de la saison estivale.







