Vincent Bolloré, milliardaire conservateur et contrôleur d'Hachette, a clairement exprimé sa conviction que la maison d'édition Grasset "continuera" à évoluer, en dépit du départ de près de 170 auteurs. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, il met en avant que cette situation pourrait créer des opportunités pour de nouveaux talents littéraires.
Bolloré a aussi critiqué le "vacarme" entourant le départ d'Olivier Nora, ancien PDG de Grasset. Il décrit ce phénomène comme le résultat d'une "petite caste" qui se considère au-dessus des critiques et des enjeux du marché. Les Échos rapportent qu'il dénonce également un manque de responsabilité de la part des écrivains partis.
Ce départ massif a secoué le monde de l'édition, traditionnellement discret, suscitant des interrogations sur l'avenir de Grasset. Une lettre ouverte signée par ces auteurs qualifiait leur situation d'"inacceptable" en matière d'indépendance éditoriale, imputant les récentes tensions à l'influence de Bolloré sur la maison.
Dans cette tribune, Bolloré a également clarifié que le désaccord avec Nora portait sur la publication du livre très attendu de Boualem Sansal, un écrivain franco-algérien. Alors que Nora aurait voulu le publier en fin d'année, Bolloré souligne que la direction de Hachette avait des plans différents, favorisant une sortie plus précoce, prévue pour le 6 juin prochain.
Bolloré a toutefois exprimé sa préoccupation face aux "performances économiques" décevantes de Grasset, et a évoqué une hausse de la rémunération de Nora qui aurait aggravé la situation. Malgré la fronde des écrivains, il reste optimiste quant aux nouvelles perspectives que cette situation va offrir à Grasset.
Pour lui, ces départs sont une occasion pour de nouveaux auteurs d'émerger et d'être célébrés pour leurs contributions littéraires. Enfin, Bolloré a tenu à expliquer que son engagement chrétien-démocrate ne nuira pas à la publication d'un éventail varié d'auteurs chez Hachette.







