La France ne fait face pour l'instant à aucune difficulté d'approvisionnement en kérosène, mais reste vigilante face à d'éventuels "problèmes de volume". C'est ce qu'a annoncé Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, lors d'une intervention sur BFMTV.
Malgré la stabilité actuellement observée, la ministre déléguée à l'Énergie a reconnu que des tensions émergent autour de l'approvisionnement. "Il n’y a pas de pénurie à l'heure actuelle pour les carburants, y compris le kérosène, mais nous avons des mesures en place," a-t-elle précisé.
En effet, la France dispose de stocks stratégiques capables de couvrir environ cent jours de consommation. "Ces réserves sont destinées à être libérées en cas de problèmes de volume, mais pas nécessairement en cas de fluctuations de prix", a détaillé Maud Bregeon.
L'approvisionnement en kérosène est globalement soumis à des influences géopolitiques, notamment en raison des dépendances de l'Europe et de l'Asie vis-à-vis des raffineries du Moyen-Orient. Traditionnellement, l'Europe se procure environ 50% de son kérosène auprès des pays du Golfe.
Depuis l'intensification du conflit entre les États-Unis et l'Iran à la fin février, le Détroit d'Ormuz, un passage clé pour près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures, est sous tension. Cela accroît les inquiétudes autour de la disponibilité du kérosène, alors que le commissaire européen Dan Jorgensen a affirmé que l'UE pourrait rapidement se rapprocher d'une crise d'approvisionnement.
Cette situation suscite de vives inquiétudes, car cela pourrait entraîner des hausses de prix pour les billets d'avion et un éventuel nombre accru d'annulations de vols.
L'Association internationale du transport aérien (IATA) a exprimé sa préoccupation et a demandé aux autorités régionales d'instaurer une bonne coordination et transparence pour anticiper un éventuel "rationnement" de kérosène, particulièrement en Europe.







