Les marchés boursiers mondiaux ont enregistré des pertes mardi, confrontés aux doutes grandissants concernant les négociations entre les États-Unis et l'Iran. Parallèlement, les prix du pétrole ont connu une nouvelle hausse.
À Wall Street, le Dow Jones et le Nasdaq ont chacun baissé de 0,59%, tandis que l'indice S&P 500 a chuté de 0,63%.
En Europe, la tendance était similaire : Paris a connu une baisse de 1,14%, Londres de 1,05%, Francfort de 0,60% et Milan de 0,63%.
Les négociations entre les États-Unis et l'Iran au Pakistan semblent enlisées, aucune délégation n'étant confirmée. Le vice-président JD Vance, qui devait diriger la délégation, était encore à Washington mercredi, selon les informations de la Maison Blanche.
"Il y a donc un peu d'imprévisibilité", remarque Patrick O'Hare de Briefing.com, ajoutant que les marchés font face à une "certaine hésitation".
Peu après la fermeture de Wall Street, Donald Trump a annoncé l'extension du cessez-le-feu avec l'Iran, bien que Téhéran ait indiqué que la trêve arrivait à son terme.
"Le marché a déjà connu de telles situations où le pis arrivait finalement, suivi d'un dénouement inattendu", rappelle Patrick O'Hare.
Néanmoins, aucune annonce officielle concernant la reprise des discussions n’a été faite, et Trump a maintenu le blocus maritime irakien.
Concernant le marché pétrolier, où les fluctuations étaient déjà sensibles, le prix du baril de Brent a augmenté de 3,14%, atteignant 98,48 dollars, alors que le West Texas Intermediate a grimpé de 2,81%, à 92,13 dollars.
Les analystes estiment que l'administration actuelle semble déterminée à parvenir à un accord avec l'Iran, car un conflit prolongé et l’augmentation des prix du carburant sont des sujets délicats pour les électeurs américains, comme l'explique Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
Nicolas Forest de Candriam souligne que la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz entraînerait des pénuries, menaçant ainsi la croissance économique et exacerbant l'inflation.
Un autre sujet de préoccupation pour les marchés est l'audition au Sénat de Kevin Warsh, candidat favorisé par Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed).
Cette audition est cruciale alors que les craintes d'inflation, exacerbées par la hausse des prix du pétrole, compliquent la gestion monétaire des grandes banques. Warsh a affirmé qu'il ne serait pas influencé par Trump et a réaffirmé l'importance d'une politique monétaire autonome.
Il a cependant noté que cette indépendance n'est pas nécessairement menacée par les commentaires d’élus sur les taux d’intérêt, en référence aux critiques de Trump contre Powell pour sa gestion des taux d'intérêt.
Les taux des bons du Trésor américain à deux ans ont atteint 3,78% et ceux à dix ans 4,29%. En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans est passé à 3,02% et celui des obligations françaises à 3,67%.
Enfin, dans le secteur de la défense, des résultats contrastés ont émergé. Thales à Paris a vu son action chuter de 5,92%, malgré des résultats supérieurs aux attentes en termes de chiffre d'affaires, en raison de prévisions décevantes concernant les commandes, selon des analystes d'UBS. De même, aux États-Unis, des entreprises comme RTX et Northrop Grumman ont également enregistré des baisses significatives, malgré un volume de commandes augmenté en raison de la situation au Moyen-Orient.







