Alors que les tensions géopolitiques s'intensifient au Moyen-Orient et en Ukraine, la Corée du Nord continue d'investir dans son arsenal nucléaire. Selon des analyses récentes, le régime de Kim Jong-un pourrait bientôt dépasser les capacités des systèmes antimissiles américains, suscitant des inquiétudes croissantes parmi les grandes puissances.
Une menace grandissante ?
Au moment où Washington intensifie ses efforts pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, Pyongyang semble fortement accélérer la production de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). Une évaluation de l'Agence américaine de renseignement de la défense (DIA) indiquait l'an dernier que la Corée du Nord ne possédait qu'une dizaine de ces missiles. Cependant, des experts remettent en question cette estimation.
Le Stimson Center évoque un scénario où la Corée du Nord pourrait détenir jusqu'à 48 ICBM, tandis qu'Ankit Panda, analyste réputé, estime qu'il pourrait en avoir au moins 24. D'autres sources envisagent la production de nouveaux missiles dans un futur proche. Avec cette dynamique, le potentiel nucléaire de la Corée du Nord pourrait surpasser celui d'Israël, du Pakistan, du Royaume-Uni, et même des États-Unis dans les dix prochaines années.
Ces prévisions sont d'autant plus alarmantes que l'analyse réalisée par Ground-Based Midcourse Defense (GMD) révèle que le système de défense antimissile américain ne comprend que 44 missiles, insuffisants pour contrer une volée d'une quarantaine d'ICBM.
Le développement du programme nucléaire nord-coréen ne semble pas se limiter là. Entre 2024 et 2025, le pays pourrait ajouter jusqu'à huit nouvelles ogives, portant son total à 180, d'après l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Chun Yungwoo, ancien négociateur en chef sud-coréen avec la Corée du Nord, avance que le régime pourrait se percevoir comme en sécurité tant qu'il détient la capacité d'infliger des dégâts à ses adversaires. Cette évolution serait éventuellement influencée par les récents développements en Iran et au Venezuela. Bien qu’aucune attaque massive avec des ICBM n'ait eu lieu jusqu'ici, la posture de la Corée du Nord reste préoccupante en cas de crise.







