Pendant deux décennies, Nilgün Eren-Ries a œuvré dans le domaine agricole. Désireuse de redéfinir sa carrière, cette mère a choisi d’intégrer le CAP vitrailliste proposé par le lycée professionnel Diderot de Romilly-sur-Seine, une décision audacieuse à l’aube de ses 50 ans.
Émue, elle évoque son mari et leurs enfants, témoignage d’un soutien familial infaillible pour réaliser son rêve. Dans l'atelier animé du lycée Diderot, elle partage sa passion avec des camarades de divers âges, y compris Tom, un jeune de 18 ans qui lui apporte une belle complicité.
Le CAP « Arts et techniques du verre, option vitrailliste », ouvert récemment à des élèves à la recherche d’une nouvelle carrière, accueille des profils variés qui, comme Nilgün, ont déjà vécu d’autres expériences professionnelles. Elle a en effet oeuvré pendant vingt ans en tant que « Rental & Remarketing manager » dans le secteur des machines agricoles. Pourtant, son désir d’un travail plus manuel s'est imposé comme une nécessité. « J’ai quitté mon emploi précédent il y a un an », explique-t-elle. « J’ai découvert l’art du vitrail lors d’un stage. Cela m’a tout de suite captivée. »
Une immense remise en question
Malgré un profil professionnel solide avec un master en économie agricole, Nilgün a décidé de se lancer dans un domaine artistique. « C’est un changement radical, mais je suis bien encadrée », admet-elle, en remerciant sa famille et les experts qui l'ont aidée à naviguer ce parcours. Christophe, son mari agriculteur, ainsi que leurs enfants Orphée et Abel, sont fiers de son engagement et des défis que cela implique, notamment la logistique entre leur maison et le lycée.
Une formation qui attire les élèves
Nilgün a rapidement intégré son nouvel environnement scolaire. Le recteur de l’académie de Reims, Vincent Stanek, souligne l’importance de la diversité des profils parmi les élèves. « Nous avons des passionnés, leur engagement est fort », assure-t-il, confirmant qu’il n’y a pas de tendance au décrochage.
Le lycée Diderot, profitant d’un regain d'intérêt pour le vitrail, illustre cela à travers l’ouverture de la Cité du Vitrail à Troyes en 2022. Elisabeth Henry, la proviseure, ajoute que même avant de lancer leur communication, l’engouement pour le programme était déjà palpable grâce au bouche-à-oreille.
À quelques jours de ses examens, Nilgün envisage déjà l’avenir. « Je souhaite être indépendante et contribuer à la vie de mon village. Le secteur a un potentiel énorme », confie-t-elle avec enthousiasme, avant de se replonger dans son art minutieux où chaque détail compte.







