En dépit des défis similaires à ceux de la France concernant la hausse des prix des carburants, l'Allemagne adopte une approche différente pour soutenir ses citoyens et ses entreprises. Le gouvernement fédéral avait introduit en avril une réduction temporaire d'environ 17 centimes par litre sur l'une des taxes appliquées aux carburants, mais celle-ci est programmée pour prendre fin le 1er juillet.
Dans une récente interview accordée à Handelsblatt, Schnieder a anticipé le retour à des prix plus élevés pour les consommateurs. "L'État atteint à un moment donné ses limites. Je me concentre particulièrement sur le transport routier de marchandises, car c'est ce qui impacte le plus les prix des aliments et des biens de consommation. Les petites entreprises, en particulier, souffrent de cette hausse", a-t-il souligné.
"Ce qui nous inquiète surtout, c’est l’évolution des prix".
Face à l'explosion des coûts, le ministre a évité de proposer des mesures restrictives telles qu'un dimanche sans voiture ou une limitation de vitesse sur les autoroutes. "Chacun sait que conduire à 200 km/h entraîne une consommation accrue", a-t-il ajouté.
Transition énergétique : un défi pour l'industrie automobile
Schnieder insiste sur la nécessité d'une transformation vers des énergies moins polluantes. "Les énergies fossiles ne sont pas l'avenir. Nous accélérons le passage à la mobilité électrique et soutenons également des alternatives telles que l'hydrogène pour les poids lourds", a-t-il déclaré, tout en défendant la nécessité de protéger l'industrie automobile allemande face aux transitions à venir, notamment en Europe où une fin des moteurs thermiques est envisagée.
"Ce n’est pas parce que nous disons dans l’UE que d’ici 2035, nous voulons 100% de mobilité électrique, que cela se produira de la même façon partout dans le monde".
Assurance sur l'approvisionnement en kérosène cet été
Concernant le secteur aérien, Schnieder se veut rassurant. "Nous importons environ 50% du kérosène, les 50% restants étant produits localement. Cela pourrait poser problème si la situation dans le Golfe se dégrade, mais nous sommes préparés pour cet été. Il n'y aura pas de pénurie de kérosène en Allemagne", a-t-il affirmé.
Quant à l’essence et au diesel, les sources d’approvisionnement sont diversifiées, ce qui minimise le risque de pénurie. Schnieder a précisé : "Il n’y a aucune pénurie physique à craindre".
Modernisation du réseau ferroviaire et défis persistants
La Deutsche Bahn traverse des difficultés au niveau de la ponctualité de ses trains, et le ministre admet que la situation est "inacceptable". Cependant, il souligne qu'un investissement massif est prévu pour moderniser le réseau. "Nous avons investi trop peu pendant des années. Cela demandera du temps pour voir des améliorations, mais chaque chantier achevé nous rapproche de notre objectif d'un réseau plus fiable", conclut-il.







