"Je vais continuer à être moi". Lors d'une interview sur France Inter, Édouard Philippe, maire du Havre et président du parti Horizons, a exprimé son souhait de briguer l'élection présidentielle à son propre rythme. Il est désormais en concurrence avec Gabriel Attal au sein du bloc central.
Philippe a également affirmé qu'"aucune décision de justice non définitive" ne l'empêcherait de se présenter à l'élection, malgré une enquête en cours pour des soupçons de détournement de fonds publics. Cela signifie qu'une mise en examen ne le freinerait pas.
Lors de cette intervention, il a esquissé quelques éléments de son programme. S'il est élu, il souhaite instaurer par référendum une "règle d'or" budgétaire qui pourrait aussi inclure une réforme des retraites. Philippe a réaffirmé son opinion selon laquelle les Français devront "travailler un peu plus longtemps", bien que cela ne doive pas être uniformément appliqué.
Le 5 juillet, Édouard Philippe tiendra une réunion publique à Paris, tandis que Gabriel Attal, qui a récemment annoncé sa candidature, prépare également un meeting. Cette dynamique crée une véritable compétition au sein du bloc central, alors qu'Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter.
Dans un sondage d'Odoxa, Philippe se retrouve confronté à une baisse de popularité, talonné par Jean-Luc Mélenchon. Malgré cela, il se dit "extrêmement déterminé". Il a déclaré, "J'aime les campagnes électorales et j'ai envie de gagner cette élection présidentielle", tout en soulignant sa volonté de rester fidèle à lui-même, même si cela implique de prendre des positions impopulaires.
Il a précisé : "Je vais faire campagne à mon rythme, et personne ne pourra me dicter le tempo", affirmant sa capacité à se connecter avec les Français de manière authentique. Philippe, premier ministre sous Emmanuel Macron (2017-2020), se distingue par son style moins conventionnel.
Concernant ses projets, il considère le recours au référendum comme un acte symbolique envers les électeurs de gauche, souhaitant ne pas pièger ceux qui votent contre l'extrême droite. Bien qu'initialement envisagés pour 2025, il envisage désormais un référendum sur la règle budgétaire au cours des prochaines élections législatives.
Édouard Philippe cherche à se démarquer de Gabriel Attal, notamment sur la question de l'âge légal de départ à la retraite. Alors qu'Attal souhaite abolir cette règle, Philippe défend sa nécessité pour la viabilité du système de retraite.
Dans ce contexte compétitif, il doit également faire face à Bruno Retailleau, le président des Républicains. Philippe a plaisanté en disant : "Il y a Gabriel qui veut monter sur la table, et Bruno qui veut la renverser. Ils devront s'entendre, sinon, un d'entre eux se fera mal."
Il en a profité pour critiquer l'influence de Vincent Bolloré sur les médias, en évoquant la présence de l'ancienne directrice de Russia Today, Xenia Fedorova, sur certaines chaînes. De retour de Kiev, où il s'est rendu récemment, il s'est interrogé sur la notoriété donnée à cette personnalité dans des médias qui exigent souvent plus de rigueur envers les étrangers présents en France.
"Je dois avouer que je ne regarde jamais CNews", a-t-il déclaré, bien qu'il envisage de faire campagne là-bas pour l'élection de 2027.







