Dans son premier long-métrage documentaire, le cinéaste anglo-irlandais Max Keegan aborde avec sensibilité le sujet des ours dans les Pyrénées, tout en adoptant un style minimaliste et contemplatif.
Il y a maintenant trois décennies, Ziva, une ourse slovène, a été relâchée dans la région de Melles, en Haute-Garonne, dans le cadre d'un ambitieux programme de réintroduction de l'ours brun. Plus de vingt ans plus tard, Keegan s'est passionné pour cet enjeu si délicat au point de s'établir en Ariège pour y effectuer ses recherches. Son film, Le berger et les ours, s'articule autour d'Yves, un berger sur le point de prendre sa retraite, qui est en quête de quelqu'un pour lui succéder.
Son apprentie, Lisa, a été formée par Yves et partage son quotidien. Cependant, face aux rudes réalités de ce métier, elle commence à plier sous la pression et la menace que représentent les ours pour les troupeaux. Alors qu'elle a été témoin des dégâts causés, seule l'expérience d'Yves avec l'ours, en action et de près, l'amène à une confrontation directe avec la réalité.
une immersion westernienne
En parallèle, Max Keegan suit Cyril, un adolescent passionné par les animaux, qui capture des images grâce à son appareil photo. Bien qu'il soit également en quête de l'ours, son approche est radicalement différente.
Le film dresse un portrait nuancé de deux visions divergentes de la nature, sans prendre parti. Keegan préfère se concentrer sur la beauté de la composition visuelle, insufflant une esthétique inspirée du western, permettant ainsi au spectateur d'apprécier le silence et la tranquillité du milieu rural.
En fin de compte, Le berger et les ours va au-delà des questions épineuses de la cohabitation délicate entre l'homme et l'ours, offrant une véritable ode à ceux qui chérissent leur environnement, à la fois rudes, fragiles et d'une étonnante beauté.







