A l'initiative des syndicats agricoles, des dizaines d'agriculteurs ont mis en place des barrages de tracteurs aux alentours de Toulouse, insinuant une forte pression sur la ville malgré une présence policière renforcée. Le but? Retrouver l’attention des décideurs sur la situation critique de leur secteur, comme l'affirme Pierre Solana, un éleveur du Gers : "C’est une guerre d’usure. Nous sommes déterminés à agir pour obtenir des réponses et être entendus."
Partis d'Auch, ces agriculteurs de la Coordination rurale sont contraints de faire face à plusieurs obstacles administratifs, dus à des arrêtés préfectoraux interdisant leur circulation. Pierre Solana précise : "Il est crucial de protéger l'agriculture française, nous avons besoin de solutions."
Sur le terrain, des axes routiers tels que l'A68 et l'A64 ont été bloqués, engendrant d'importants embouteillages et des perturbations dans la circulation. Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, indique : "Notre intention est de converger vers Toulouse pour créer une action significative, bien que regrettable."
La mobilisation est également soutenue par la Confédération paysanne et les Jeunes Agriculteurs, qui appellent à une action concertée pour paralyser la ville tant qu’une réponse gouvernementale satisfaisante n'est pas formulée. Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la Coordination rurale, avance : "Nous voulons prendre d'assaut la ville – il n'y a pas d'autre solution à notre situation."
Les autorités locales, sous l'égide du préfet Pierre-André Durand, ont répondu par plusieurs arrêtés visant à limiter la circulation des engins agricoles pour éviter des troubles à l'ordre public. Bien qu'une telle interdiction vise à préserver la sécurité, le sentiment parmi les agriculteurs est que le gouvernement ne réagit pas suffisamment à leurs revendications, une opinion que partage l'expert en politique agricole Jean-Claude Tanguy : "Ces actions de blocage sont un cri d'alarme sur la difficulté des agriculteurs à subsister dans des conditions de travail de plus en plus précaires."
La situation reste tendue, alors que la détermination des agriculteurs face à la crise agricole file droit vers une confrontation directe avec les autorités. Leurs actions soulignent l'urgence d'une vraie conversation sur l'Avenir de l'agriculture en France, au moment où le secteur est confronté à des défis sans précédents.







