Mercredi, Ubisoft a révélé une prévision alarmante de perte opérationnelle d'un milliard d'euros, accompagnée de l'annulation de six jeux, dont le très attendu remake de "Prince of Persia: les Sables du temps". Le studio a également décidé de repousser la sortie de sept autres titres tout en esquissant un nouveau schéma organisationnel pour relancer sa croissance.
Dans un effort pour rationaliser ses opérations, le géant du jeu vidéo compte adopter un modèle inédit, structuré en cinq "maisons de création", intégrant une partie de ses studios. Cela s'inscrit dans une démarche d'économie d’au moins 200 millions d'euros sur une période de deux ans.
"Chaque maison sera centrée sur un genre créatif identifiable et un positionnement de marque clair, avec une indépendance financière totale", a précisé le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, soulignant l'ampleur de cette transformation jugée "radicale". Près de la moitié des studios de l'entreprise seront regroupés au sein de ces maisons, tandis que l'autre moitié apportera son expertise à travers un réseau mondial partagé, d'après les informations fournies à l'AFP par Marie-Sophie de Waubert, directrice des studios.
Les départements techniques ainsi que les services de production, de marketing et de distribution seront mutualisés. Le siège, basé en région parisienne, sera responsable de la définition des priorités stratégiques et de l'allocation des ressources financières.
Dans un souci de recentrage et pour garantir la qualité de ses créations, Ubisoft a pris la difficile décision d'annuler le remake de "Prince of Persia" ainsi que quatre projets non annoncés et un titre mobile. Le lancement de sept autres jeux bénéficiera d'un délai de développement supplémentaire.
L'entreprise a déjà réduit ses effectifs de plus de 3 000 employés dans le monde et a fermé plusieurs de ses studios dans le cadre d'un plan d'économies de 300 millions d'euros. Elle s'engage maintenant dans "une troisième et ultime phase" de ce plan, visant à optimiser ses coûts d'au moins 200 millions d'euros d'ici deux ans, tout en considérant de potentielles cessions d'actifs.
Yves Guillemot estime que ces décisions représentent un tournant majeur pour Ubisoft, malgré un impact significatif sur les résultats financiers à court terme. L'entreprise, qui anticipait un résultat opérationnel proche de l'équilibre pour l'exercice 2025/2026, modifie ses prévisions et anticipe désormais une perte opérationnelle d'un milliard d'euros, avec des réservations nettes prévues à environ 1,5 milliard d'euros pour l'année.
Les annulations et les reports de projets ont conduit à une dépréciation accélérée de près de 650 millions d'euros, un coup dur pour Ubisoft. L'entreprise, qui espérait retrouver un bénéfice opérationnel d'ici 2026/2027, a jugé que ses précédentes prévisions ne peuvent plus servir de référence, et s’apprête à les mettre à jour en mai.







