La tension monte entre Elon Musk et Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol. Le milliardaire a récemment déversé sa colère sur le chef du gouvernement suite à la défaite du PSOE lors des élections en Aragon. En reprenant une publication d'un influent d'extrême droite aux États-Unis, Musk accuse Sánchez de vouloir "inonder le pays de migrants pour maintenir son pouvoir".
Les attaques ne se sont pas arrêtées là. Musk a qualifié Sánchez de "Dirty Sanchez", tandis que le Premier ministre fait face à des insultes telles que "tyran" et "fasciste". Cette escalade verbale cache en réalité un enjeu plus profond : le contrôle des réseaux sociaux. La législation proposée par le gouvernement espagnol visant à limiter l'accès aux plateformes pour les mineurs et à sanctionner les entreprises pour les contenus illégaux est perçue comme une menace par les géants de la tech.
Pavel Durov, le créateur de Telegram, a également exprimé son désaccord avec cette réglementation qu'il qualifie de "dangereuse pour les libertés numériques". Ce contexte marque une rupture entre l'Espagne et les entreprises technologiques de la Silicon Valley.
Un parfait contre-modèle pour Musk
Pédro Sánchez incarne tout ce qu'Elon Musk abhorre : un gouvernement socialiste, pro-européen, en faveur d'une régulation stricte des grandes entreprises. Ironiquement, cette stratégie a du succès économiquement, avec une croissance prévue de 2,8% en 2025, plaçant l’Espagne parmi les leaders de la zone euro.
Cette confrontation avec Musk présente un double avantage pour Sánchez. En prenant position contre un symbole du capitalisme débridé, il se positionne comme un alternative européenne au populisme économique. Les répercussions politiques sont telles qu’elles peuvent renforcer son image à l’international.
Une manœuvre politique réfléchie
A Madrid, il est largement admis que les actions de Sánchez ne sont pas le fruit du hasard. Par ses publications sur les réseaux sociaux, il espérait provoquer Musk et tirer parti d'une réaction extravagante. Ce duel nourrit une stratégie astucieuse visant à galvaniser l'opinion publique, souvent méfiante à l'égard des influenceurs technologiques.
En somme, le Premier ministre semble rechercher un "effet Carney", à l'instar du discours marquant du Premier ministre canadien au Forum économique de Davos. Alors qu'il sait que s'opposer au "monde MAGA" pourrait le rendre vulnérable aux critiques, il bénéficie également d'une visibilité précieuse qui pourrait lui servir dans sa carrière politique.
Pédro Sánchez résume sa position par une citation de Cervantes : "Laissons les techno-oligarques aboyer, c’est le signe qu’on avance." Cette phrase reflète un manifeste contre la puissance des grands noms de la Silicon Valley tout en affirmant que la politique peut encore résister à leur influence.







