Pau (France) – Le procès de deux jeunes parents s'est ouvert ce mercredi devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, où ils sont jugés pour la mort de leur bébé de deux mois, décrit par l'accusation comme un "nouveau-né martyrisé". La petite Effie, née le 16 novembre 2022 au Pays basque, est décédée le 18 janvier 2023 à Hendaye, victime de violences répétées qui auraient pu être évitées.
Âgée de 21 ans, la mère et le père, âgé de 24 ans, sont accusés de "violences habituelles ayant entraîné la mort sans intention de la donner". À son admission à l'hôpital, Effie présentait un état alarmant, avec des signes de dénutrition, des hématomes et plusieurs fractures. Selon le rapport médical, son état neurologique était si dégradé qu'aucune intervention chirurgicale n'était envisageable.
L'autopsie révèle des épisodes de syndrome du bébé secoué, le premier ayant eu lieu au moins dix jours avant sa mort, et un second dans les jours qui ont précédé. Les violences subies par Effie ne se limitaient cependant pas à ces incidents, mais comprenaient des abus chroniques sur une période prolongée.
Alors qu'ils avaient dans un premier temps tenté de se protéger mutuellement, les deux parents se rejettent désormais la responsabilité. Le père a admis avoir tiré sa fille par les bras, l'avoir pinçée et l'avoir jetée en l'air. La mère, de son côté, a reconnu qu'il était possible que la tête de l'enfant ait chuté lorsqu'elle lui donnait le biberon.
Un récent rapport d'experts médicaux a qualifié Effie de "victime de violences", notant que ses parents n'ont pas porté assistance, ne contactant les secours qu'en fin de journée, alors que l'état de l'enfant se détériorait rapidement. Les professions médicales avaient averti que l'enfant était en péril, mais les secours n'ont été appelés qu'après plus de 24 heures de symptômes alarmants.
La tragédie a suscité des cris d'alarme dans toute la France, avec de nombreux experts en protection de l'enfance appelant à des mesures préventives renforcées. Le verdict est attendu ce vendredi, un moment qui pourrait sceller le destin de ces jeunes parents, alors que la société s'interroge sur la protection des enfants les plus vulnérables.







