La diplomatie kényane s'insurge contre l'exploitation de ses citoyens par les forces armées russes. Attirés par de fausses promesses d'emplois lucratifs en Russie, plusieurs Kenyans se retrouvent projetés sur le front ukrainien. Ce mardi 10 février, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères a décrit la situation comme "inacceptable".
Des enquêtes menées par des médias tels que l'AFP révèlent qu'un nombre croissant de Kenyans, souvent sans expérience militaire, sont contraints à signer des contrats avec l'armée russe une fois arrivés en Russie. Cela les conduit directement sur le champ de bataille, où beaucoup d'entre eux n'ont pas survécu.
Des promesses trompeuses
Abraham Korir Sing’Oei, numéro deux de la diplomatie kényane, a souligné qu'il semble exister un schéma organisé pour recruter de manière illicite des personnes d'origine africaine. Il a déclaré qu'il était "choquant de voir des individus traités comme chair à canon". Un rapport d’enquête a permis d’interroger quatre Kenyans qui, après être partis pour travailler en tant que vendeurs ou agents de sécurité, ont reçu des salaires promis allant de 920 à 2 400 euros par mois, des sommes considérables au Kenya.
Vers un destin tragique
Malheureusement, les promesses de richesse se sont transformées en cauchemar. Dès leur arrivée, ces hommes se retrouvent souvent forcés de signer des contrats rédigés en cyrillique, sans en saisir le contenu, avant d'être envoyés au front avec peu ou pas de formation militaire. Dans des témoignages, certains ont relaté des scènes affreuses, traversant des zones de combat où ils ont été exposés à des attaques constantes. De nombreux Kenyans et autres Africains ont été tués dans l’espace de quelques minutes, déplorent-ils.
Une situation inacceptable
"Ce qui se passe est totalement inacceptable", a dénoncé M. Sing’Oei. L'État kényan a pris contact avec les autorités russes tant à Nairobi qu'à Moscou pour faire entendre sa voix sur cette question grave. Le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a prévu un voyage à Moscou dans le mois prochain pour demander des comptes. "Nous ne pouvons pas accepter la mort de nos citoyens pour des promesses de travail", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Face à cette situation désespérante, la communauté internationale sera-t-elle en mesure d'intervenir et de prévenir d'autres tragédies similaires?







