Alors que l'État projette de réaliser des économies, le budget des 26 centres de santé participatifs en France, tel le Château en santé situé dans le Parc Kalliste à Marseille, se trouve menacé. Les employés de l'établissement expriment leurs craintes quant à de potentielles suppressions d'emplois, des mesures qui pourraient entraver considérablement l'accès aux soins dans le 15e.
La situation économique actuelle en France impacte directement les populations les plus vulnérables. Le Château en santé, qui accompagne près de 2 500 personnes chaque année, pourrait se voir amputé de 40 % de son budget, représentant aujourd'hui 1,1 million d'euros. Avec 18 salariés, comprenant médecins, travailleurs sociaux, et infirmiers, l'avenir de certains postes est incertain. Comme le raconte Stéphanie, habitante de la cité de la Granière : "Ah non, c'est notre château ! On fait du sport, on échange avec nos amis, les médiateurs. Ils ont suivi mes deux dernières grossesses et m'ont accompagnée sur mes opérations du canal carpien."
Cette bâtisse du 19e siècle joue un rôle essentiel pour les habitants des quartiers nord de Marseille. Fouzia, une habituée de l’établissement, souligne : "Je viens pour faire des papiers, il y a des médecins, plein de choses… Ils nous aident vraiment." Chérifa ajoute : "J'y vais tout le temps pour mes enfants ou pour moi. Ils proposent des conseils familiaux et médicaux, ce qui est précieux dans un quartier où l’accès aux soins est compliqué."
Le Château en santé offre une large variété de services, et l'absence de budget pourrait avoir des conséquences dramatiques sur les différents programmes en place. Élisa, la coordinatrice de l'établissement, alerte : "Sans ce budget, la conseillère familiale, qui accompagne les adolescentes sur des sujets tels que le harcèlement scolaire, pourrait être remerciée. De même, le soutien à l'interprétation pour les non francophones serait réduit, ce qui créerait davantage d'obstacles à l'accès aux soins. "
Elle dénonce une approche à court terme des décideurs. "Supprimer ces services se traduira par de futures dépenses beaucoup plus élevées en hospitalisations, et ça impactera gravement le quartier dans son ensemble." Ce message, partagé par plusieurs responsables du Château en santé et soutenu par des experts en santé publique, souligne l'importance de maintenir ces structures pour garantir un accès aux soins pour tous.







