Le Kremlin se montre inflexible. À l'occasion du deuxième anniversaire du décès d'Alexeï Navalny, Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, a fermement rejeté les conclusions d'une enquête européenne qui incrimine le régime russe. « Naturellement, nous ne reconnaissons pas ces accusations. Elles sont biaisées et infondées, et nous les rejetons avec force, » a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse le 16 février.
Ce week-end, à la Conférence de Munich sur la sécurité, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède ont publié un communiqué, désignant l'État russe comme le principal suspect dans l'empoisonnement de Navalny. Des analyses de laboratoire ont révélé la présence d'une toxine mortelle nommée épibatidine, extraite de grenouilles-dards d'Équateur, rapportent les médias français comme Le Monde.
Marco Rubio, un haut responsable américain, a pour sa part affirmé n'avoir « aucune raison de douter » de cette enquête. La mère de Navalny, en visitant la tombe de son fils, a exprimé son soulagement face à ces révélations, déclarant : « Cela confirme ce que nous savions : notre fils a été assassiné, pas simplement mort en prison. » Près de deux ans après sa mort, elle reste déterminée à obtenir justice et à découvrir les véritables responsables.
Pas d’explication fournie par les autorités russes
Navalny, l'opposant emblématique à Vladimir Poutine, est décédé dans des circonstances énigmatiques le 16 février 2024, à l'âge de 47 ans, alors qu'il purgait une peine de 19 ans de prison. Après sa mort, les autorités russes avaient mis plusieurs jours à rendre son corps à sa famille, soulevant ainsi de nombreux soupçons parmi ses partisans. Depuis, Moscou n'a toujours pas fourni d'explications claires sur son décès, évoquant une mort subite survenue après une promenade dans la prison.
En réponse aux conclusions de l'enquête, l'ambassade russe à Londres a ironisé, qualifiant l’enquête de « mise en scène politique », cherchant simplement à détourner l’attention des problèmes de l’Occident. Dimanche, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré dans un entretien avec RBC : « Cela ne sert qu'à détourner notre attention des questions urgentes que nous devons traiter. »
Pour commémorer Navalny, le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à sa mémoire sur les réseaux sociaux, soulignant : « Sa mort révélait la faiblesse du Kremlin et sa peur de l'opposition. Il est clair aujourd'hui qu'elle a été préméditée. » Dans le même temps, Jean-Noel Barrot, ministre français, a affirmé sur X que « Poutine est prêt à tout pour se maintenir au pouvoir, y compris utiliser des armes biologiques contre sa propre population. »







