Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur français, se déplacera en Algérie les lundi et mardi pour aborder les questions de sécurité dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre Paris et Alger. Cette visite, initialement programmée suite à l’invitation de son homologue algérien Saïd Sayoud, est désormais perçue comme un signe de dégel potentiel dans les relations bilatérales. Le ministre a déclaré à Marseille : "Je me rends en Algérie pour une réunion de travail avec mon homologue. Les préparations ont été effectuées auparavant, et il est temps d’aborder les questions politiques.”
Lors de cette réunion, il abordera divers enjeux liés à la sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale. "Je reste confiant quant à la restauration des relations sécuritaires avec l’Algérie. Ce déplacement témoigne de notre désir de continuer à dialoguer sur ces questions," a-t-il ajouté.
Question des réadmissions
Cependant, le sujet le plus délicat est celui des réadmissions, notamment le retour en Algérie des ressortissants algériens en situation irrégulière en France, aucune demande n’ayant été acceptée par Alger à ce jour. En février, le ministre avait exprimé son espoir d'obtenir des avancées sur cette question lors de sa visite.
Les relations entre les deux nations se sont fortement détériorées depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, territoire en litige. Les tensions se sont aggravées avec des incidents comme l’enlèvement de personnalités algériennes et l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal. Ce climat a conduit à de multiples mesures diplomatiques, y compris l’expulsion d’agents consulaires et des tensions autour de la situation d'autres ressortissants.
Des signaux positifs ?
Malgré ces frictions, plusieurs voix se sont déclarées optimistes. "Il y a des signaux positifs venant des deux côtés," a observé la députée écologiste Sabrina Sebaihi, qui a noté des changements tant du côté algérien que français. Pour elle, la visite de Laurent Nuñez pourrait marquer le début d’une désescalade dans la crise actuelle.
Cette mission est marquante, car elle survient après une longue période sans visites officielles entre les ministères de l’Intérieur des deux pays. Nuñez semble décidé à adopter une approche constructive, en contraste avec ses prédécesseurs, en plaçant le dialogue au cœur des échanges.







