La préfecture de l'Hérault a levé les restrictions sur la commercialisation des coquillages de l'étang de Thau, une décision accueillie avec soulagement par les producteurs, après deux mois d'interdiction liée à un virus. Toutefois, l'inquiétude demeure quant à la confiance des consommateurs qui pourrait mettre du temps à se rétablir.
Le 30 décembre, en pleine période festive, la préfecture avait ordonné la fermeture temporaire des zones de production d'huitres, de moules et de palourdes. Cette décision était due à plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives associés à ces produits, causés par un norovirus. Selon Midi Libre, cette contamination semblait être une conséquence d'épisodes pluvieux survenus dans le département, entraînant une surcharge des réseaux d'assainissement.
Dans son communiqué, la préfecture a indiqué que "considérant qu'aucun nouvel événement contaminant n'est survenu depuis vingt-huit jours", les restrictions ont été levées. Les activités de récolte, de transport, de purification et de commercialisation sont maintenant de nouveau autorisées.
Patrice Lafont, président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM), a exprimé un grand soulagement en déclarant : "On a enfin de la visibilité. Maintenant, on va mesurer l'impact de cette fermeture sur les consommateurs." Il estime que la perte financière causée par cette interruption pourrait atteindre une douzaine de millions d'euros.
Lors d'une suspension précédente pour des raisons similaires, il avait fallu entre 6 et 9 mois pour revenir à un niveau de commercialisation normal, souligne M. Lafont. Il note aussi que l'impact médiatique de la situation a été significatif : une semaine après l'interdiction, une cinquantaine d'ostréiculteurs avaient exprimé leur mécontentement devant le siège de Midi Libre, dénonçant une couverture qu'ils jugeaient négative.
Pour M. Lafont, la reconnaissance du préjudice de cette "fermeture dévastatrice" est primordiale. La lagune de Thau, s'étendant sur près de 7.000 hectares, est un écosystème précieux et la principale zone conchylicole de la Méditerranée, représentant 10% de la production nationale d'huîtres et soutenant environ 3.000 emplois.
Les autorités locales ont promis des aides financières conséquentes, s'élevant à 1,5 million d'euros en soutien direct et indirect pour aider les professionnels à traverser cette période difficile.







