Les responsables ayant participé au sommet de l'intelligence artificielle (IA) à New Delhi annoncent un décalage d'une journée pour la publication de leur déclaration sur la régulation de cette technologie. Le ministre indien des Technologies de l’information, Ashwini Vaishnaw, a confirmé vendredi que le document serait rendu public samedi.
"Nous communiquerons les détails avec clarté demain", a-t-il déclaré à la presse, mettant en lumière le consensus général parmi les nations participantes tout en laissant planer des incertitudes sur le contenu précis de la déclaration.
Ce report fait écho aux divisions croissantes entre les délégations mondiales concernant les règles à établir pour encadrer l'usage de l'IA. Depuis le début du sommet, deux grandes philosophies sur la manière de gérer cette technologie novatrice, souvent perçue comme un potentiel de disruption dans divers secteurs, s'affrontent.
Les États-Unis ont catégoriquement rejeté toute forme de gouvernance mondiale de l'IA. Le conseiller de la Maison Blanche, Michael Kratsios, a prôné la liberté d'innovation, appelant à ignorer les préoccupations sur les risques, estimant que la bureaucratie étoufferait le développement de cette technologie.
Cependant, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a évoqué la création d'une commission scientifique dédiée à rendre le contrôle humain de l'IA une réalité concrète, soulignant l'urgence d'une gouvernance adéquate.
Sam Altman, le PDG d'OpenAI, a partagé des inquiétudes relatives à un manque de régulation alors que les implications sociétales et environnementales de l'IA se profilent. "L'innovation en matière d'IA progresse à une vitesse vertigineuse, dépassant notre capacité à la contrôler," a-t-il commenté.
Les déclarations précédentes lors des sommets sur l'IA avaient souvent abouti à des accords flous. Par exemple, l’édition de l’année passée à Paris avait vu les États-Unis se retirer d’une déclaration collective. Récemment, une déclaration conjointe entre l’Inde et les États-Unis a été publiée, promettant d’adopter une approche favorable à l’innovation.
En parallèle, des manifestations ont eu lieu contre le Premier ministre indien Narendra Modi durant l'événement, soulignant des tensions internes alors que le sommet attire des figures politiques et des dirigeants de la technologie.
Avec l'espoir d'attirer 200 milliards de dollars d'investissements dans les deux prochaines années, l’Inde s'affirme comme un acteur central dans le paysage mondial de l'IA. Elle a également intégré le groupe "Pax Silica", visant à sécuriser l'approvisionnement en matériaux liés à la technologie.
Donc, malgré les différends, le sommet de New Delhi représente une étape cruciale dans la recherche d'un cadre réglementaire visant à encadrer le développement de l'intelligence artificielle, dans un contexte mondial de défi et d'opportunité.







