Les ambitions de la SNCF à pénétrer le marché italien sont freinées par des régulations complexes. Le gestionnaire du réseau ferroviaire italien, RFI, a récemment soulevé des préoccupations concernant la hauteur des rames du TGV M, qui atteint 4,3 mètres, soit 30 centimètres de plus que les trains de Trenitalia. Selon La Repubblica, cette différence pourrait engendrer des difficultés dans les tunnels classiques tout en impactant la circulation des trains à grande vitesse.
La situation est d'autant plus délicate que les trains à grande vitesse doivent parfois emprunter des lignes classiques lors d'incidents. RFI, propriété du groupe FS, affirme que ce risque de compatibilité devrait être pris en compte par toute nouvelle flotte de trains circulant sur son réseau. Toutefois, l'Autorité de régulation des transports a contredit cette affirmation, notant qu'aucune réglementation n'exige cette contrainte et que celle-ci pourrait entraver la concurrence. Malgré cela, RFI a saisi la justice, argumentant que le positionnement du régulateur était insuffisamment étayé, et a remporté des jugements favorables jusqu'à présent.
Un conflit entre le régulateur et le gestionnaire
Face aux tensions, la SNCF a réagi par la voix de son entité SNCF Voyageurs, assurant que le TGV M respecte toutes les normes de circulation du réseau italien. Le directeur de SNCF Voyageurs a insisté : "Nous avons collaboré étroitement avec RFI lors des études de compatibilité sur les gares et les itinéraires, et aucune difficulté majeure n'est à prévoir." La SNCF prévoit de lancer ses liaisons en 2027, avec 13 allers-retours quotidiens entre Turin, Naples, et Venise.
Anticipations et enjeux
La capacité des TGV M, supérieure à celle des concurrents, pourrait permettre à la SNCF de réduire les prix de 20% et d'acquérir 15% du marché dans les dix prochaines années. Cependant, l'opérateur doit encore finaliser l'acquisition de sillons, cruciaux pour le volume de ses opérations. Au départ, la SNCF a reçu 18 sillons mais en demande 26 pour un fonctionnement optimal.
"Sans un niveau d’activité suffisant, l'opérateur ne pourra pas justifier son investissement et poursuivre ses opérations en Italie."
Le contexte économique et régulatoire incertain autour de ce projet renforcera probablement le besoin d'une collaboration constructive entre les parties prenantes pour éviter que la stratégie de la SNCF ne se heurte à d'autres obstacles sur le marché italien.







