Le cofondateur de Super Micro Computer, une entreprise américaine de serveurs, a été accusé par un procureur de New York d'avoir orchestré l'exportation illégale de serveurs intégrant des puces d'intelligence artificielle Nvidia vers la Chine. Selon les autorités, Yih-Shyan "Wally" Liaw aurait détourné des équipements en violation des réglementations sur les exportations américaines.
Avec son associé, un courtier, Liaw a été arrêté en Californie tandis que le directeur général de l'entité taïwanaise était en fuite, comme l’a rapporté le procureur fédéral Jay Clayton. Ils font face à des accusations de "conspiration visant à violer les lois américaines sur le contrôle des exportations", ainsi qu'à des charges de contrebande et de fraude.
Super Micro, n'étant pas ciblée par cette enquête, a vu son action chuter de plus de 11 % à la suite de ces révélations. L'entreprise, située à San Jose, est l'un des principaux fournisseurs d'infrastructures pour des centres de données dédiés à l'IA. Dans un communiqué, elle a déclaré avoir placé ses deux collaborateurs en congé et affirmé son engagement à respecter toutes les réglementations sur les exportations.
Une opération de contrebande évaluée à 2,5 milliards de dollars
D'après l'acte d'accusation, les suspects auraient opéré par le biais d'une société écran en Asie du Sud-Est, expédiant au moins 2,5 milliards de dollars de serveurs assemblés aux États-Unis avec des puces Nvidia B200 et H200 vers des clients chinois depuis 2024. Ces actes enfreignent les restrictions américaines, qui visent à prévenir que cette technologie avancée ne soit utilisée à des fins militaires.
« Ces opérations produisent des milliards de dollars de profits illicites et posent une menace immédiate pour la sécurité nationale des États-Unis », a martelé Jay Clayton. Un échange de messages entre Liaw et son intermédiaire évoquait la nécessité d’accélérer les expéditions avant le durcissement des restrictions, prévu pour le 13 mai 2025.
Des réseaux de sociétés écrans
En mars 2025, des autorités singapouriennes avaient découvert des serveurs Super Micro envoyés vers Singapour, puis redirigés vers la Malaisie, la destination finale demeurant incertaine. L'accès aux semi-conducteurs américains par les entreprises chinoises est un enjeu crucial, déterminant leur position dans la course technologique mondiale. Récemment, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a annoncé la reprise de la production de puces H200 destinées à des commandes chinoises, suite à des discussions avec l'administration Trump.
La contrebande de puces avancées n'est pas un phénomène nouveau. Malgré les restrictions sur les transferts technologiques, des revendeurs chinois continuent de contourner les lois, utilisant des intermédiaires de pays comme Singapour, Taïwan, ou Malaisie pour acheminer des puces haut de gamme. Cette situation a créé un marché parallèle où des transactions atteignent plusieurs centaines de millions de dollars, faisant naître des préoccupations au sein de l'administration américaine.







