L'essentiel
Le 22 février 2023, Agnès Lassalle, professeure d'espagnol de 53 ans, a perdu la vie, poignardée par un élève alors mineur à Saint-Jean-de-Luz. Son procès a débuté ce mardi à Pau, en huis clos.
"Comment un étudiant apparemment sans histoire a-t-il pu passer à l'acte ?" Le procès du jeune homme de 19 ans accusé de l'assassinat d'Agnès Lassalle a ouvert le débat sur les motivations de cette violence inouïe. Ce mardi 21 avril, la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques a entendu les détails de cette tragédie.
Le jour fatal, vers 9h45, l'adolescent, alors âgé de 16 ans, a verrouillé la porte de sa classe avant de porter un coup mortel à Agnès Lassalle, avec un couteau de cuisine. Les témoins décrivent une scène choquante, où le garçon a frappé "d'un coup sec", selon leurs déclarations.
Une absence d'empathie interpellante
Lors de son comparution, l'accusé, vêtu de noir, a montré une attitude qui a suscité l'inquiétude. Ses parents étaient présents, tout comme les proches de la victime, dont Stéphan Voirin, le compagnon d'Agnès, qui avait bouleversé l'opinion publique en dansant devant son cercueil. Au milieu de cette douleur, il a exprimé : "Je ne ressens aucun désir de vengeance, je souhaite seulement honorer la mémoire d'Agnès".
Les premières séances du procès ont révélé une personnalité du jeune homme marquée par une absence d'émotion, selon les avocats de la partie civile, rapportant un "manque criant d'empathie", comme l'évoque Sud Ouest. Il n'a pas versé une larme durant l'audience.
Des expertises psychiatriques contradictoires
Le jeune homme a déclaré avoir entendu une "petite voix" l'incitant à "faire le mal", mais les expertises se contredisent. Alors que certaines indiquent l'absence de troubles mentaux, d'autres évoquent un discernement "légèrement altéré". L'avocat de l'accusé, Me Thierry Sagardoytho, plaide pour une hospitalisation psychiatrique plutôt qu'une incarcération.
Les témoignages autour de lui reflètent une personnalité complexe. Bien que de nombreuses qualités aient été évoquées, comme son intelligence, les avocats de Stéphan Voirin s'interrogent sur son incapacité à montrer des émotions ou à reconnaître le choc qu'il a causé. Selon Me France Deiss-Rabbé, l'accusé est "très superficiel" et ses parents sont en totale contradiction avec son comportement.
Contexte familial souterrain
Au-delà des drames individuels, les proches de l'accusé ont également exprimé leur désespoir face à la situation. Son père, accablé par la douleur, a déclaré que l'avenir qu'il avait rêvé pour son fils était désormais anéanti. Suivi pour une dépression, l'adolescent prenait de la Sertraline, un antirétroviral réputé risqué pour les jeunes. En prélevant le couteau chez son père la veille au soir, il a démontré une prémeditation qui semble contredire la version d'une impulsion.
Le verdict est attendu ce vendredi, ce qui promet de continuer à faire vibrer l'émotion déjà palpable autour de ce tragique chapitre.







