A l'occasion de la publication de Lettre à Clara (Télémaque), le maire de Béziers, Robert Ménard, offre un aperçu personnel et politique lors de son entretien avec VA+. Dans cet ouvrage dédié à sa fille, il expose non seulement ses pensées intimes mais aussi ses préoccupations sur l'état de la France et les choix de société à faire.
« C'est complexe. Elle vit à Paris, et nous nous retrouvons en famille, souvent en évitant certains sujets. Mais la politique est omniprésente dans nos vies », avoue-t-il au micro de VA+, notant que son épouse, Emmanuelle Ménard, a été députée de 2017 à 2022.
Il ajoute : « Comment peut-on s’aimer et avoir des désaccords si profonds ? C’est difficile d'aborder ces questions avec elle. » L'objectif de sa lettre, précise-t-il, est d'apaiser les tensions : « écrire quand la parole devient impossible. »
Dans son entretien, Ménard se penche également sur les débats actuels, notamment sur ses désaccords avec le Rassemblement national, dont il s'était rapproché par le passé. Aujourd'hui, une rupture claire s'est établie.
« Ne pas supporter les critiques de leurs anciens alliés finira par leur poser problème », prévient-il.
Il reconnait des qualités au RN, mais n'hésite pas à émettre un jugement critique : « Je leur ai accordé des mérites, mais je me réserve le droit de dire qu'ils se trompent. Pour eux, c'est un crime de lèse-majesté. » Il cite, par exemple, les choix économiques sur les retraites comme une source de désaccord majeur.
Cette critique s'étend également à Éric Zemmour. Dans son livre Je n’ai pas dit mon dernier mot (Rubempré), le président de Reconquête a désigné Ménard comme un « traître ». « Éric et moi étions très proches », déclare-t-il aujourd'hui, évoquant un « manque d’empathie » qu'il considère incompatible avec les responsabilités politiques. « Il n’aime pas les gens. Bien qu’il soit extrêmement intelligent, l'intelligence ne remplace pas l’amour du peuple français. »
Pour Ménard, l’essentiel demeure dans le bon sens. « Un chef d’État n’a pas besoin d’être érudit, mais doit se préoccuper des gens », affime-t-il, appelant à une approche plus humaine et réaliste.
Sur ses ambitions futures, il ne ferme pas la porte à une éventuelle candidature en 2027, tout en critique une partie de l'échiquier politique. « Écouter certains à droite donne envie de sombrer... Pourtant, la France regorge de potentiels », conclut-il.







