Depuis le début de l'année, le secteur de la construction subit une série d'épreuves : le blocage des chantiers lié à la pandémie, une crise énergétique notable depuis 2022, et un net ralentissement des promotions immobilières en fin d'année 2023. Aujourd'hui, les tensions géopolitiques ajoutent une pression supplémentaire, notamment par l'augmentation des coûts des énergies fossiles indispensables aux opérations du BTP.
Face à cette situation, les représentations du secteur, incluant les syndicats du bâtiment, ont plaidé pour un soutien gouvernemental. Réponses à ces demandes, l'État a annoncé le 21 avril qu'une aide sur le gazole non-routier (GNR) serait mise en place, bien que les modalités doivent encore être précisées en concertation avec les professionnels.
Surveiller l'évolution des coûts
Grégory Valency, artisan et cofondateur de l’application Kelkun, souligne : "Cette aide est bienvenue, mais elle ne doit pas faire oublier l'ampleur du choc. 92% des artisans interrogés ont rapporté des impacts négatifs dus à la montée des prix, et pour 96% d'entre eux, le carburant est le principal facteur de difficulté." La crise touche non seulement les dépenses de transport, mais aussi le coût des matériaux, dont la fabrication repose également sur le pétrole.
La fédération française du bâtiment (FFB) note que l'impact de la guerre dépasse le seul coût du GNR.
La FFB a averti qu'une forte hausse des prix des matériaux de construction, pouvant atteindre 35% sur certains produits, pèse sur les capacités d'investissement des entreprises. Les artisans, par ailleurs, fument qu'il existe un risque de pénurie, bien qu'actuellement les hausses de coûts touchent une sélection de produits.
La FFB insiste sur la nécessité de clarifier rapidement les détails de cette aide afin qu'elle soit bénéfique pour toutes les petites et moyennes entreprises du secteur.
Pour mieux gérer cette complexité, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a proposé la mise en place d'un "observatoire des coûts des matières premières" pour évaluer la justesse des hausses de prix et prévenir tout abus. Ce projet est en phase d'expérimentation, notamment dans le cadre des logements sociaux, selon les indications du gouvernement.







