Pendant sept longues années, Laëtitia a enduré des violences inouïes de la part de son compagnon. À l'occasion d'un portrait diffusé par Sept à Huit, cette femme de 42 ans a révélé l'enfer qu'elle a vécu. Le jugement de son ex-partenaire doit débuter le 18 mai prochain.
Dans une dizaine de jours, Laëtitia se retrouvera face à celui qui a été son bourreau, jugé par la cour d'assises des Alpes-de-Haute-Provence pour des accusations graves telles que « proxénétisme », « viols aggravés » et « actes de torture ». Cette femme a subi des violences physiques et psychologiques, ainsi que des abus sexuels, son compagnon l'ayant également livrée à de nombreux hommes.
« Je me souviens de tout »
Tout commence en 2015, lorsque Laëtitia, préparatrice en pharmacie, fait la connaissance d'un homme de 52 ans, directeur d'agence bancaire. Au fil des mois, son comportement se dégrade, avec des demandes de contrôle sur sa vie personnelle, allant jusqu'à des menaces de mort. « Je me souviens de chaque détail », témoigne-t-elle.
Le quotidien de Laëtitia devient un véritable calvaire. Les agressions physiques débutent par des gifles, suivies de coups de ceinture et d’étranglements. Elle évoque des souvenirs traumatisants, allant jusqu'à se faire étouffer avec des sacs-poubelles. Les viols, qu’ils soient nocturnes ou en pleine journée, dans leur maison ou des lieux publics, s'accumulent. Son compagnon la contraint à se prostituer, la forçant à créer des profils sur des sites d'escorte, même durant sa grossesse.
Au total, Laëtitia aurait été victime de « plusieurs centaines » d'agressions. Contrairement à d'autres cas similaires, elle n'a pas été soumise à des substances psychotropes, son ex-partenaire estimant que cela nuisait aux expériences qu'il lui infligeait. « Je me rappelle de tout », confie-t-elle, visiblement marquée par son parcours.
« Soit je pars, soit je meurs »
Malgré cet enfer, Laëtitia refuse de se soumettre. Elle s'oppose à son compagnon, exprimant son désaccord face aux violences, mais cela exacerbe sa rage. « Plus je me rebelle, plus il devient dangereux », raconte-t-elle, illustrant ainsi le cycle destructeur de la violence domestique.
En raison de son emprise totale, il la surveille même lors de ses rendez-vous médicaux, allant jusqu'à l'accompagner ou l'écouter par téléphone. La menace d'une arme à feu, constamment présente dans leur maison, contribue à la terreur qu'elle ressent
Un jour, Laëtitia se rend compte qu'elle doit changer de vie : « soit je pars, soit je meurs ». Elle contacte alors une association et divulgue son calvaire à une amie qui alertera les autorités.
« Il faut que la honte change de camp »
Quatre ans après son enfer, l'homme décrit par des experts comme « pervers » et « dangereux » sera jugé le 18 mai à Digne-les-Bains. Laëtitia espère que son procès ne se déroulera pas à huis clos. Elle souligne : « Il m'a soumise à la peur et à la honte. Si cela peut inciter d'autres femmes à parler, c'est vital. La honte doit changer de camp. »
Si son parcours l'a profondément marquée, tant psychologiquement que physiquement, Laëtitia témoigne d'une résilience incroyable. Elle continue de vivre avec des séquelles très douloureuses, tout en luttant pour que son histoire inspire d'autres victimes à briser le silence.







