Fusillade de Poretta : la cour d'assises des Bouches-du-Rhône examine de nouveau le double meurtre

Le procès en appel de la fusillade de Poretta commence, avec de nombreux témoins et tensions.
Fusillade de Poretta : la cour d'assises des Bouches-du-Rhône examine de nouveau le double meurtre
La salle d'audience de la cour d'Assises d'Aix-En-Provence, palais Monclar © Radio France - Olivier Castel

Le procès en appel du double assassinat survenu en 2017 à Poretta a officiellement débuté, marquant un tournant dans cette affaire qui a secoué la région. Cette première journée a été marquée par l'appel des accusés, et la présence de plus d'une centaine de témoins ainsi que de seize experts, majoritairement convoqués par la défense. Pour ce nouveau procès, la cour, dépourvue de jury populaire, se penche une fois de plus sur le dossier, où l'accusation évoque une implication des héritiers de la célèbre "Brise de mer".

Les accusés, neuf en tout, ont pris place dans le box, entourés par des avocats au nombre de quinze, alors que le palais de justice était placé sous haute surveillance. Les tensions étaient palpables, un jury professionnel étant seul à juger cette affaire.

La présidente, Nourith Reliquet, a ouvert les débats en procédant à l'appel des accusés. Lors de cette première apparition, elle a rappelé les règles de la cour tout en interpelant l'un des accusés, Jacques Mariani, sur ses droits à s'exprimer. Ce dernier, ayant l'habitude des audiences, a répondu avec un certain brio, illustrant ainsi l'ambiance tendue de cette réouverture judiciaire.

Une cinquantaine de témoins ont été cités, mais beaucoup d’entre eux n'assisteront pas en raison de problèmes de santé ou d'incapacité à être localisés. Ceux qui manqueront à leur devoir de témoignage risquent même d'être amenés sous escorte policière pour ne pas faillir à leur obligation. En parallèle, la cour a débuté la lecture des rapports d'enquête et des résumés du procès initial, un travail fastidieux mais nécessaire.

Des sourires et un renoncement

L'atmosphère en salle de cour semblait paradoxalement détendue, certains accusés échangeant des sourires et des accolades, tandis que d'autres préféraient la retenue. Les familles et amis, très présents, envoyaient des gestes d'encouragement à travers le verre du box, bien que la réalité était marquée par une forte présence policière.

Pour le ministère public, cette fusillade au sein de l'aéroport de Bastia s'inscrit dans une rivalité vieille de plusieurs années entre les clans Germani et Guazzelli, avec pour toile de fond un héritage de violences et de règlements de comptes. La présence de Jacques Mariani, impliqué dans ces rivalités, accentue encore la gravité des accusations, surtout à la lumière de la vengeance qui anima les actes.

Un moment notable de ce début de procès : Jacques Mariani a décidé de renoncer à séparer son cas de celui des autres accusés. Malgré une première condamnation à dix ans pour association de malfaiteurs, il choisit de faire face au tribunal et aux jurés durant toute la durée des débats.

Un procès plus calme qu'en 2024 ?

Deux accusés, Joseph Menconi et François Marchioni, comparaissent libres après avoir été acquittés en première instance, malgré l'appel du parquet. Les avocats de la défense espèrent pouvoir organiser des débats sereins cette fois-ci, après les incidents et la tension qui avaient marqué le procès initial en mai 2024, perturbé par une grève des surveillants.

À l'approche de ce nouveau chapitre judiciaire, les avocats visent à obtenir des acquittements ou des réductions de peine pour leurs clients, bien conscients que certains d’entre eux risquent la réclusion criminelle à perpétuité. Ce procès pourrait être déterminant pour l'avenir de plusieurs des accusés, face à un passé chargé d'affrontements violents.

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