Le secteur manufacturier français a enregistré une poussée notable en avril, avec l'indice PMI, publié par S&P Global, atteignant un chiffre record depuis mai 2022. Le rebond spectaculaire, passant de 50 en mars à 52,8 en avril, témoigne d'une amélioration significative des conditions économiques dans ce secteur.
Ce retour à la croissance est principalement marqué par une augmentation des nouvelles commandes, favorisant ainsi la montée des niveaux de production. Cependant, cette dynamique semble être alimentée en grande partie par une demande intérieure, alors que les commandes internationales ont subi une baisse, précise S&P Global.
Les experts notent que "ces hausses de demande et d'activité reposent surtout sur des initiatives de stockage chez les clients pour se protéger des risques de pénuries et d'augmentations de tarifs".
Anticiper de nouvelles hausses de prix
La constitution de stocks de sécurité est fortement influencée par le climat géopolitique, notamment les tensions au Moyen-Orient. Joe Hayes, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, avertit que "l'accumulation de contraintes sur les capacités de production peut rapidement engendrer une inflation préoccupante".
Les chaînes d'approvisionnement ont, par ailleurs, été perturbées en avril, avec de nombreux fabricants de secteurs clés évoquant des pénuries de matière première et des retards conséquents dans la livraison de produits. Bien que les commandes en cours aient atteint leur niveau le plus élevé depuis février 2022, cela n'a pas incité les entreprises à recruter massivement. En fait, l'emploi a diminué pour le troisième mois consécutif dans le secteur manufacturier, comme révélé par les données de S&P Global.
Ce phénomène peut être attribué à l'inquiétude croissante autour du niveau d'inflation des coûts des matières premières, l'augmentation étant la plus forte observée depuis près de quatre ans.







