Avec la flambée des prix à la pompe, le sujet du télétravail revient sur le tapis, notamment pour atténuer les conséquences de l’inflation sur le quotidien des travailleurs. À Marseille, le syndicat FSU propose d’étendre cette mesure aux fonctionnaires municipaux, dont la situation financière se détériore rapidement.
La hausse continue des prix de l’essence et du gasoil, atteignant des niveaux records depuis le début du conflit en Iran, est devenue une préoccupation centrale pour de nombreux Français, dont l’usage de la voiture est souvent incontournable pour se rendre au travail. Comme le souligne une étude récente d'ICI Provence, la question du télétravail s’impose pour les salariés, en particulier pour les fonctionnaires face à un coût de la vie en forte augmentation.
Le 7 mai 2026, la FSU a déposé un préavis de grève portant sur les thèmes de la vie chère et de la dégradation du pouvoir d'achat due à l'inflation. Selon Jean-Noël Ragueb, délégué syndical, « l’augmentation du prix des carburants impacte de nombreuses entreprises, qui à leur tour augmentent leurs tarifs, laissant les fonctionnaires exposés à une précarité accrue ».
"C'est extrêmement inquiétant" - (Délégué FSU ville de Marseille)
Le représentant syndical alerte sur la réalité de nombre d’agents municipaux, une majorité d’entre eux se trouvant dans la catégorie C et souvent rémunérés au SMIC. « Alors que beaucoup peinent à joindre les deux bouts, certaines personnes doivent économiser sur des besoins fondamentaux comme la nourriture ou les soins de santé. Avec l'inflation qui s'installe, il est légitime de s'inquiéter pour leur avenir », ajoute Ragueb, dénonçant le fait que certains agents dorment dans leur voiture et renoncent à se nourrir correctement.
Dans une lettre adressée au maire Benoît Payan, la FSU, aux côtés des syndicats CFE-CGC et CFDT, a demandé la généralisation du télétravail pour aider les employés à réduire leurs frais d’essence. J. Ragueb insiste : « Le télétravail a montré son efficacité, et si cela peut améliorer les conditions de travail des agents tout en maintenant la qualité des services publics, pourquoi ne pas avancer dans cette direction ? » Actuellement, seulement 3 000 des 14 000 fonctionnaires marseillais bénéficient du télétravail, avec une moyenne de 2 jours par semaine.
« La question du salaire et du pouvoir d’achat des fonctionnaires est tout aussi essentielle que les politiques publiques mises en œuvre par le Printemps Marseillais. Il ne peut y avoir un déséquilibre entre les services publics et la rémunération des agents », insiste le représentant de la FSU.
Selon des informations recueillies par ICI Provence, la réunion avec la direction des ressources humaines n’a pas abouti à un accord. Ainsi, le préavis de grève de la FSU pour le jeudi 7 mai 2026 demeure en vigueur, avec d'autres journées de mobilisation déjà prévues.







