Les résultats de Totalenergies au premier trimestre suscitent de vives réactions, mais cela n'affecte guère son PDG, Patrick Pouyanné. Dans une interview accordée à Sud Ouest ce 5 mai, il déclare : "Totalenergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine. C’est une source de fierté, et cela prouve le bon fonctionnement de l’entreprise".
Le bénéfice net de ce géant français de l'énergie a augmenté de 51 % au premier trimestre 2026, grâce à la flambée des prix du pétrole et des carburants résultant de la guerre au Moyen-Orient.
"Quand les raffineries perdent de l'argent, personne ne propose de nous les subventionner, malgré leur rôle essentiel dans la souveraineté énergétique nationale. Cela dit, nous ne faisons aucune demande en ce sens", précisa Patrick Pouyanné.
En cas de surtaxe sur les raffineries, fini le plafonnement
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exhorté la multinationale à "redistribuer d'une manière ou d'une autre" ses éventuels profits "exceptionnels". Il a également incité Totalenergies à établir un "plafonnement généreux" des prix des carburants. Actuellement, l’entreprise fixe le prix de l’essence sans plomb à 1,99 euro par litre et le diesel à 2,09 euros par litre, des limites qui resteront en place tant que la crise énergétique se prolongera.
"Ce plafonnement, nous l'avons instauré nous-mêmes au début de la crise. Nous sommes les seuls dans le monde à avoir mis en place une telle mesure", se vante le PDG de Totalenergies.
Pour Pouyanné, cette initiative est "une décision forte, généreuse et solidaire", mais elle pourrait être remise en question "si une surtaxe sur nos raffineries venait à être appliquée". Dans ce cas, il prévient que Totalenergies "ne pourrait pas maintenir le plafonnement". À l'heure actuelle, aucune telle taxation n'est à l'ordre du jour du gouvernement. Lecornu a simplement déclaré qu'il n'y a pas "d'objection de principe" à une taxation au niveau européen.
Les résultats impressionnants de Totalenergies ne laissent pas la classe politique indifférente. Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à taxer les superprofits des entreprises énergétiques, soutenue par toute la gauche. Le Rassemblement national milite également en faveur de cette taxation.







